30 avril 2009
Des sans-papiers arrêtés alors qu'ils tentaient de rentrer au pays
Des sans-papiers arrêtés alors qu'ils tentaient de rentrer au pays Par Chloé Leprince | Rue89 | 29/04/2009 | 19H17 Venant d'Italie, ils ont été arrêtés à la frontière franco-espagnole, alors qu'ils retournaient au Maroc. Victimes de la politique du chiffre. On croit parfois que parler de « politique du chiffre », c'est, au choix, théorique, désincarné, militant. Mais, ce mercredi 29 avril, une salariée de la Cimade à Perpignan a fait remonter une histoire qui est tout sauf abstraite. Samedi dernier, le 25, quatre bus en provenance d'Italie ont été interceptés par la police française à hauteur de l'ancien poste frontière du Perthus, à quelques mètres de l'Espagne. A bord, essentiellement des Marocains qui cheminaient vers leur pays d'origine. Tous avaient commencé le voyage en Italie, où ils vivaient. Aucun n'était monté dans le bus sur le territoire français, où ils se contentaient de transiter. Le bus s'apprête à quitter la France mais, ce jour-là, la PAF décide d'intensifier les contrôles d'identité sur l'autoroute. Sur quatre bus, treize Marocains sont débarqués. Ils sont pourtant nantis d'un billet retour à destination du Maroc et ne risquent plus de mettre le pied sur le territoire français puisque la frontière est à quelques mètres. La Cimade, qui agit auprès des migrants, ne se lasse pas de souligner l'absurdité de la chose. Ainsi, cette salariée locale qui hallucine : « Si encore on les avait contrôlés à l'entrée sur le territoire français, en sortant d'Italie, en estimant qu'ils étaient susceptibles de descendre du bus à Marseille ou à Perpignan… Mais là, l'Espagne était à deux mètres, ils n'avaient aucune possibilité de rester en France ! » La France, plus une destination, une zone de transit Sur le papier, ils n'ont pas de titre de séjour valable pour l'espace Shenghen mais, dans les faits, la France n'est plus concernée par leur présence puisque c'est en Italie qu'ils avaient séjourné avant de rentrer au pays. Pourtant, après leur interpellation, les forces de l'ordre les expédient en centre de rétention, après une longue garde à vue. Les treize personnes arrêtées samedi dernier sont toujours en rétention cinq jours plus tard. Un seul, dont le père est gravement malade, a été autorisé à rentrer plus rapidement au Maroc. Pour les autres, « il faudra attendre pas mal de jours car il y a énormément de Marocains dans les CRA en ce moment », estime la Cimade de Perpignan. Ubuesque ? Sans doute, mais pas inédit : au mois de mars, la même salariée de la Cimade avait déjà dénombré 32 cas similaires, rien que pour des ressortissants marocains. Déjà, à l'époque, il s'agissait d'envoyer en rétention des étrangers qui transitaient par la France. La plupart rentraient définitivement chez eux. Pour l'association, il s'agit d'une énième illustration par l'absurde de « la politique du chiffre » : « Phénomènes récurrents, ces arrestations à la frontière franco-espagnole sont utilisées par les préfectures pour atteindre les quotas qui leur sont fixés par le ministère de l'Immigration : une fois le centre de Perpignan parvenu au maximum de sa capacité, un nouveau transfert dans d'autres CRA de la région, à Nîmes par exemple, est imposé aux personnes. Obéissant uniquement à une logique comptable, ce transfert augmente encore le stress et l'humiliation des personnes. » Pour info, les treize Marocains arrêtés le week-end dernier ont tous été reçus par un magistrat, comme le veut la procédure. Lequel a avalisé leur envoi en centre de rétention, y compris lorsque ses interlocuteurs lui affirmaient, titre de transport à l'appui, être sur le chemin du retour. A certains, il a proposé de passer l'éponge et de les relâcher pourvu qu'ils repayent un billet aller simple. Après moult sollicitations et plusieurs allers et retours entre la Préfecture des Pyrénées-Orientales et la PAF locale qui se renvoyaient la balle, Gilles Priéto, secrétaire général de la Préfecture, a finalement confirmé les informations dont Rue89 disposait. Mais tempère tout de même la mobilisation de la Cimade : « Rien ne dit que certains des Marocains interpellés ne se seraient pas arrêtés en Espagne. On peut même être convaincu du contraire. »
29 avril 2009
La France savait ce qui se tramait contre GBAGBO
Tentative de coup à Abidjan : la France du renseignement savait
Par David Servenay | Rue89 | 28/04/2009 | 18H28
Un film de Capa montre comment Alain Juillet, ex de la DGSE, a suivi de près l'opération « Noël à Abidjan », qui a viré au fiasco.

Bientôt 500 jours qu'un journaliste français croupit en prison en Côte d'Ivoire. Fasciné par les services spéciaux, à la fois courageux et inconscient, Jean-Paul Ney s'est fourvoyé dans une tentative de coup d'Etat dont il pensait faire le scoop de l'année.
L'opération « Noël à Abidjan » a viré au fiasco. La chaîne Planète diffuse une enquête accablante de Capa sur son déroulement, suivi de près par les services de renseignements français, notamment le responsable de l'Intelligence économique, Alain Juillet. Récit.
Certaines coïncidences stimulent la curiosité. Mercredi 22 avril, Alain Juillet confirme au Point son départ du poste de Haut responsable en charge l'Intelligence économique. Cette annonce « officielle » est ainsi justifiée par l'intéressé :
« Avant même l'élection du président Sarkozy, j'avais indiqué que la fonction que j'occupe depuis décembre 2003 doit évoluer, sans doute en changeant les structures. Une décision en ce sens a été prise et je n'attends que le décret mettant fin à mes fonctions. »
Coïncidence, le soir même, Planète diffuse une longue (1h49) enquête de l'agence Capa sur l'opération « Noël à Abidjan » où plusieurs figures du renseignement français -dont Alain Juillet- sont mises en cause.
Jean-Paul Ney, journaliste le jour, aventurier la nuit…
L'affaire n'a pas fait grand bruit. Elle vaut pourtant à Jean-Paul Ney, 32 ans, d'être incarcéré à la MACA (maison d'arrêt et de correction d'Abidjan) depuis le 27 décembre 2007, date de son arrestation par le Cecos (Centre de commandement des opérations de sécurité).
Le régime de Laurent Gbagbo estime avoir à faire à une tentative de coup d'Etat, dont Ney serait l'un des protagonistes. Le tout, sous la houlette d'une petite troupe de mercenaires français. En pleine phase de normalisation des relations franco-ivoiriennes, l'affaire fait désordre.
D'autant que Jean-Paul Ney a le profil parfait du journaliste barbouzard. Fasciné par les forces spéciales, auteur de plusieurs ouvrages sur le terrorisme, les commandos, le FBI et la cybercriminalité, ce photographe free-lance est connu dans les rédactions pour ses coups souvent tordus. A tel point que même Reporters sans frontières prend ses distances.
Le film des préparatifs avec un « agent » de la DGSE
Comme le montre l'enquête de Capa, la réalité est plus complexe. Jean-Paul Ney a bien suivi les préparatifs d'un « coup », dans lequel est impliqué le sergent IB, Ibrahim Coulibaly, ex-rebelle ivoirien réfugié au Bénin. Dans les images tournées par Ney, le sergent IB apparaît au côté d'un homme qui se présente comme étant de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure). Cet homme, Jean-François Cazé, est le stratège du coup d'Etat, son organisateur en chef. (Voir la vidéo)
Dans les semaines qui suivent l'échec de « Noël à Abidjan », Jean-François Cazé approche à plusieurs reprises les journalistes de Capa pour médiatiser l'affaire en accablant Jean-Paul Ney. Libre de ses faits et gestes, vivant à Paris, Cazé agit, en apparence, pour le compte des Ivoiriens. Mais, il a aussi eu de très nombreux contacts avec des officiels français.
L'enquête des journalistes ne conclut pas de manière définitive sur la nature du coup. S'agit-il :
- D'une tentative française de coup d'Etat contre le régime Gbagbo ?
- D'un contre-coup d'Etat pour sauver le même Laurent Gbagbo ?
- Ou encore d'une vaste escroquerie pour plumer quelques opposants africains et/ou Gbagbo ?
Dans cet imbroglio, Jean-Paul Ney affirme aussi qu'il a été balancé aux Ivoiriens par Jean-François Cazé. (Voir la vidéo)
Des commanditaires mystérieux, mais certains responsables français sont au courant
Quant à l'identité des commanditaires de ce « coup », elle reste tout aussi floue. Dans le documentaire, un M. Rouge et un M. Kaki sont désignés comme étant les officiers traitants réguliers de Jean-François Cazé. D'anciens officiers du renseignement français, à qui Cazé rapporte en permanence l'évolution de la situation. Ils ne sont pas nommés dans le film, mais sont facilement identifiables.
L'un de ces deux « traitants » -en l'occurrence M. Rouge- est… Alain Juillet. Jean-Paul Ney l'a affirmé le 23 mars 2009, sur LCI, lors d'un entretien par téléphone, en direct depuis la Maca :
« Je pense qu'on m'a oublié pendant un an. Je n'en veux à personne. Je pense que c'était très compliqué de démêler les fils, c'est un sac de nœuds, un panier de crabes. Il y a une équipe d'une chaîne concurrente qu'on ne va pas citer qui est en train de préparer un documentaire depuis un an.
« Le Français qui m'a accompagné ici, le mercenaire Jean-François Cazé, était en rapport constant avec Alain Juillet, qui est l'ancien haut responsable de l'Intelligence économique et il y a un réseau qui a monté quelque chose. Et je pense que ce Jean-François Cazé, ce mercenaire, a pris de l'argent à Ibrahim Coulibaly, il a pris de l'argent à Laurent Gbagbo aussi… »
Alain Juillet (ex-directeur du renseignement et donc numéro 2 de la DGSE) dément toute responsabilité dans cette affaire. Il nous a répondu ainsi à la question « quelles sont les raisons de votre départ de votre poste ? celui-ci a-t-il un lien avec l'affaire Jean-Paul Ney ? » :
« C'est complètement absurde et je ne sais pas qui a pu lancer une pareille stupidité. Il suffit de savoir comment s'est préparé depuis des mois mon remplacement dans le cadre d'une modification de la structure de ma mission d'intelligence économique pour le comprendre. »
D'autres haut fonctionnaires français, notamment des diplomates en poste en Côte-d'Ivoire, ont su, bien avant l'arrestation de Jean-Paul Ney, que d'étranges préparatifs allaient animer ce Noël 2007 à Abidjan. Où l'on voit que les pieds nickelés ne sont pas forcément ceux que l'on imagine. Quant à Jean-Paul Ney, il attend toujours sa remise en liberté, suspendue au bon vouloir des relations franco-ivoiriennes.
► Manipulations sous haute tension - Documentaire de Jean-Paul Billault, Emmanuel Razavi et Jean-Pierre Canet, Planète - Rediffusion vendredi 24 avril à 13h35, jeudi 30 avril à 13h30, lundi 4 mai à 22h15, mardi 12 mai à 13h45, samedi 16 mai à 14 heures.
22 avril 2009
Rodrigue ABOUA REPRESANTANT O.C.D AUX JOURNEES DE L'ETUDIANT SHABE D
Journée de l’Etudiant Shabe (JES 2009)
Abomey- Calavi ce mercredi 22 avril 2009
Distingués invités,
Mes chers amis étudiants de l’aire culturelle shabè,
Je me réjouis d’être parmi vous ce matin à la deuxième édition de vos journées culturelles.
Je suis fier de vous voir mobilisés pour défendre ce que nous avons de commun : notre culture shabè !
Je suis plus qu’heureux de constater que vous êtes les jeunes et dynamiques ambassadeurs de cette riche culture. Les différentes danses qui seront exécutées tout au long de cette journée montrent la diversité de cette culture que beaucoup de nos compatriotes découvriront avec plaisir.
Je n’oublierai pas de dire que je suis particulièrement honoré de prendre la parole devant vous qui êtes l’avenir de notre Nation.
Même si notre Constitution refuse tout mandat impératif, je me considère comme le représentant ou un des représentants de l’aire culturelle shabè à l’Assemblée Nationale.
En cette circonstance spéciale, laissez-moi vous dire ma conviction profonde.
La jeunesse est le fer de lance de tout pays. Et à ce titre, elle doit être soutenue, encouragée, orientée et écoutée.
Ma porte, vous le savez, sera toujours ouverte pour vous aider à faire vivre vos espérances et à vous tracer le chemin d’avenir que vous méritez.
Pour atteindre le noble objectif de répondre aux légitimes aspirations de notre jeunesse, nous avons besoin de chacun de vous.
Nous avons besoin d’une jeunesse responsable.
Je vous invite donc à plus de sérieux et de détermination dans vos études.
Soyez unis car c’est dans l’unité que les grandes et belles choses se construisent.
Notre frère, le Président de la République, son excellence Boni YAYI, est soucieux du devenir de la jeunesse. Vous connaissez ses nombreuses actions au profit de la couche juvénile. Je n’y reviens pas !
Nous devons l’accompagner dans sa mission avec toute la détermination dont nous sommes capables. Mobilisons-nous pour l’aider dans cette formidable entreprise : celle de conduire notre pays à l’émergence.
Je sais pouvoir compter sur vous pour réussir le pari de la prospérité partagée.
Votre dynamisme, votre soutien sans faille seront des atouts précieux le moment venu pour les batailles électorales qui nous attendent.
Je ne serai pas plus long.
Je vous souhaite beaucoup de succès pour les différentes manifestations que vous avez programmées.
Bonne chance dans votre vie d’étudiants.
Vive l’aire culturelle shabè !
Je vous remercie.
