30 juillet 2009
SARKOZY VEUT BALAYER GBAGBO LE BOULANGER...
La nouvelle tribune
Sarkozy a-t-il voulu « faire le nettoyage » en Côte-d'Ivoire ?
Par Raphaël Lakpé | La Nouvelle Tribune | 29/07/2009 | 23H16
« Ce Monsieur n'est pas digne de confiance » aurait déclaré le Français à propos de Gbagbo. Polémique dans la presse ivoirienne.

Personne
ne peut réfuter le fait qu'à l'élection de Nicolas Sarkozy à la tête de
la République française, le chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo n'a
ménagé aucun effort pour s'attirer son amitié. Pendant longtemps, il
lui a envoyé des signaux dans ce sens.
Quand il répète sans cesse que depuis le départ de Jacques Chirac, prédécesseur de Sarkozy, il dort tranquille, c'était des feux qu'il allumait pour entrer dans les bonnes grâces du nouveau président français. Quand toute sa galaxie n'avait qu'éloges à la bouche pour le successeur de Chirac, c'était pour en faire un ami.
Au début de son mandat, Nicolas Sarkozy s'était gardé de toute déclaration à l'égard de Laurent Gbagbo. Tout semblait donc baigner dans l'huile. La presse internationale parlait même de réchauffement des relations ivoiro-françaises. Et, puis, patatras ! Contre toute entente, le torchon s'est mis à brûler. Ardemment.
Première escarmouche au Gabon
C'est le mois dernier, aux obsèques de l'ancien président gabonais, Omar Bongo que la première escarmouche française est partie. A Libreville, capitale du Gabon, le président français avait pesté contre ceux qui font des promesses fallacieuses et qui veulent se maintenir au pouvoir sans élection, en évoquant le cas ivoirien.
La colère de Sarkozy serait partie du fait que son homologue ivoirien aurait envoyé au bord de la Seine, une mission de bons offices conduite par son directeur de cabinet, pour informer les autorités françaises d'un éventuel report de la présidentielle prévue pour la fin du mois de novembre prochain. On remarquera que Laurent Gbagbo, d'ordinaire prompt à donner la réplique en pareille circonstance, n'a pas encore réagi publiquement à ces propos.
Mieux, malgré cette sortie de Sarkozy, à la célébration de la fête du 14 juillet, à la résidence de France, le FPI, avec Affi N'Guessan, himself et les hommes de lobbying de Laurent Gbagbo, Laurent Dona-Fologo, président du CES et Guy Labertit qui a désormais élu domicile au bord de la lagune n'ont pas boudé l'invitation du nouvel Ambassadeur de France, SEM Simon…
L'opération de charme en direction du président français se poursuivait. Il y a longtemps que l'on n'avait pas vu le président du FPI à cette cérémonie, murmurait-on autour des buffets bien garnis.
« Ce monsieur n'est pas digne de confiance »
Mais, avec la nouvelle déclaration que la presse attribue au président français, la mayonnaise Laurent Gbagbo semble ne pas prendre. Hier, en effet, les journaux proches du pouvoir ont fait état, sans citer de sources, des propos très durs qu'aurait tenus Sarkozy sur Gbagbo, recevant le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon.
« Ce Monsieur n'est pas digne de confiance. Même son directeur de cabinet est venu à Paris pour nous confirmer que la date du 29 novembre 2009 ne sera pas respectée. C'est fort de la présence des Casques bleus qu'il fait tout cela, sinon, j'aurais depuis longtemps, demandé à mes gars de faire le nettoyage nécessaire. »
Entre Gbagbo et Sarkozy, ça chauffe donc. [L'essentiel de la presse ivoirienne s'est fait l'écho de ces propos. Le site l'Ivoirien cite ainsi « des confidences d'une source très diplomatique », All Africa cite « des souces concordantes »… L'AFP de son côté cite comme source de l'information, Laurent Dona Fologo, président du Conseil économique et social ivoirien, 3e personnage de l'Etat, ndle].
Ne dit-on pas que l'amitié se nourrit de vérité ?
Chirac parti, Gbagbo voulait que son remplaçant devienne son ami. Il a tout fait pour. Les déclarations flatteuses, le tapage autour d'un coup de fil. Avec l'annonce des visites de très proches collaborateurs de Sarkozy, Laurent Gbagbo avait certainement cru qu'il avait réussi à en faire un ami et qu'il pouvait entrer dans des combines avec lui.
Faire espérer les élections et tout faire pour ne pas y parvenir. Ces déclarations attribuées à Sarkozy seraient pour dire, certainement : « Oui pour l'amitié, mais pas pour faire des combines ! ».
D'ailleurs, ne dit-on pas que l'amitié se nourrit de vérité ? Si Laurent Gbagbo réussit à organiser effectivement l'élection présidentielle le 29 novembre prochain, il aura démontré au président français, qu'il l'a jugé un peu trop vite. Peut-être remontera-t-il alors dans son estime. Sait-on jamais !
29 juillet 2009
DEMASQUEZ LES DRAGUEURS SUR FACEBOOK !!!
Sexe sur Facebook : j'ai poké, j'ai chatté, j'ai chopé Par D. Lisarelli et P. Siankowski | lesinrocks.com | 29/07/2009 | 13H02 En partenariat avec LesInrocks.com « Regarde la meuf sur le wall d'Alex, elle est trop bonne, j'vais la prendre en amie. » Que celui qui n'a jamais essayé de pécho sur Facebook jette la première pierre. Avec 250 millions d'utilisateurs, dont 10 millions en France, le réseau social n° 1 s'impose comme le plus grand terrain de chasse au monde. Un jour, un homme racontera à son fils ému comment il a d'abord poké sa mère un jeudi soir de disette avant de la baratiner sur le chat et de la croiser « par hasard » (c'est ça, ouais) à un event auquel ils étaient tous deux « attending ». La suite de l'histoire, on la connaît. « In a relationship », « Engaged » et le tragique « It's complicated ». Qu'on se rassure, il n'y aura pas que des unions bénies par le Seigneur sur Facebook : support privilégié de toutes les relations sociales contemporaines (amicales, sentimentales, familiales, professionnelles), le site inaugure un marivaudage 2.0 de masse. Messages privés, chats, statuts : tout est bon pour le cochon Contrairement aux sites de rencontre classiques, pas de pathos ni de crevardise explicite : avec son design sobre et son authenticité affichée (interdit de s'appeler Mamar51, chacun s'inscrit sous son vrai nom), Facebook est l'endroit idéal pour guédra celui ou celle qu'on n'ose aborder IRL (In Real Life). Sur un forum, Laura ironise : « Quand mes enfants me demanderont comment j'ai perdu ma virginité, je devrais inventer une histoire sur une formidable communauté où tout le monde vivait en paix et en communion, un lieu d'échange et d'enrichissement communément appelé Facebook. » Souvent décrié pour son caractère intrusif, le site permet aussi d'organiser son intimité. Les messages privés, le chat et les statuts qui permettent les love-private jokes sont autant d'armes à la disposition des apprentis Choderlos de Laclos en mal de liaisons dangereuses. Exemple : il est 2h27, votre ex-collègue Xavier, marié deux enfants, vous alpague sur « Facebook chat ». La discussion commence à la coule : « Hey, salut, ça va ? » « Tu fais quoi ? » « T'as vu le dernier Desplechin ? » « Et Elvis Costello, t'aimes bien ? » Après dix minutes d'une conversation d'une banalité navrante, Xavier, qui, lui, monte visiblement en pression derrière son ordi, passe à la vitesse supérieure : « Je peux te demander quel type de sous-vêtements tu portes ? » « J'ai pécho une fille que j'avais rencontrée vite fait à une bar-mitsvah » Après avoir fait semblant d'être soudainement déconnectée, le lendemain au bureau, vous évoquez avec votre autre collègue cet échange nocturne et vous vous rendez compte que Xavier a déjà frappé à plusieurs reprises, avec d'autres filles de la boîte. Un peu comme Hulk quand il a pris un coup sur la tête, Xavier se transforme quand il se connecte sur Facebook. Introverti dans la vie, il a plus ou moins maladroitement saisi les atouts du site. Plus à l'aise, les ados ont eux très vite compris les règles du jeu. Leo, tout juste 17 ans, explique : « J'ai pécho sur Facebook une fille que j'avais rencontrée vite fait à la bar-mitsvah de mon petit cousin. Je ne l'avais même pas draguée, j'avais juste pris son nom en toute innocence. Je l'ai ajoutée, lui ai envoyé un petit message puis on a chatté. Là, je lui faisais du rentre-dedans vénère. Ensuite elle m'a invité à une soirée via les événements sur le site et on a fini par coucher ensemble chez elle. Merci Facebook. » Plus gros hébergeur de photos au monde (Facebook vient de dépasser Flickr), le site, à travers les albums photos, les statuts, le formulaire d'informations personnelles, favorise au maximum la mise en scène de soi. On balance un cliché flatteur pour montrer à Thierry qu'on est devenue bonne De quoi jouer le jeu de la séduction à fond les ballons. On ressort les vieilles photos de Grèce, balance inopinément ce cliché flatteur pour montrer à ses anciens camarades de collège, et à Thierry, qu'on est devenue bonne. Alors que toute une génération découvre les joies de la vie sociale virtuelle, les plus jeunes ont déjà une certaine expérience. Avant Facebook, c'était MySpace, ex-rendez-vous des 20-30 ans un peu branchés aux environs de l'année 2005. Lors de cette époque bénie (symptomatique de la naissance du web 2.0), beaucoup expérimentaient alors les joies d'internet et du pseudo anonymat qui en découlait. Pour la première fois, le site permettait d'évoluer d'un profil à l'autre à la manière des sites de rencontres, sans le pathos qui va avec, le côté plus égocentré que n'importe quel forum ou room de discussion en plus. Une sorte de formidable fête (le site a été conçu autour de la musique) où il était possible de « devenir ami » avec une fille à l'autre bout du monde et de l'emballer si les routes des deux intéressés se croisaient. Fabien : « Sur MySpace, tu pouvais faire passer tout ce que tu voulais, c'était le début du truc, on passait nos journées à ajouter des filles en ami. Et pour moi qui bouge beaucoup, ça a surtout été le moyen de “préparer” mes voyages genre “Hey, je suis à Marseille la semaine prochaine, let's hang out‘et finalement la meuf tu la baises. Elle ne se demandait même pas forcément pourquoi tu l'avais ajoutée sur MySpace, tu pouvais requester une meuf que tu ne connaissais pas, sans trop la jouer j'ai cherché ton nom’ comme sur Facebook, tu naviguais de profil en profil, et tu te faisais des contacts. Au final, t'avais bien cherché une brune, la vingtaine, dans le 13.” De MySpace à Facebook, le dragueur a perdu le bénéfice de l'anonymat Une sorte de parenthèse enchantée, suivie par l'arrivée de Facebook imposant pour la première fois aux inscrits de notifier leur réelle identité. Pour Fabien, “sur Facebook, tu ajoutes/communiques avec beaucoup moins de gens que tu ne connais pas. Direct, si t'es un mec, que tu pokes/add une fille en mode ‘elle a l'air cool/potentiel sexuel’, tu passes pour un gros pervers alors que sur MySpace on avait toujours l'excuse de tomber sur les gens ‘par hasard.’ Sur Facebook, l'identité virtuelle s'aligne sur l'identité réelle et le jeu social traditionnel reprend le dessus face aux fantaisies de l'anonymat qui régnaient jusquelà en maître sur internet. Malgré ça, pécho sur internet reste assez mal vu. Ainsi, Aurore avoue honteusement avoir repéré sa copine Vanessa sur une photo de soirée, postée sur un event auquel elle avait participé. Un petit ‘Ouah, c'est qui cette meuf ? ’ permettant d'engager une courte relation épistolaire, rapidement suivie d'une rencontre IRL. Une occasion qui n'aurait jamais pu avoir lieu sans Facebook, les deux concernées ne s'étant même pas croisées lors de la soirée en question. Depuis, Aurore et Vanessa sont ‘in a relationship’ sur le site. Une fois en couple, Facebook aiguise les jalousies et altère le romantisme Pourtant, afficher son couple sur un réseau social n'est parfois pas l'idée du siècle. Ainsi, selon une étude menée par deux doctorantes en psychologie d'une université d'Ontario, passer du temps sur le site aurait pour conséquence une certaine méfiance vis-à-vis de sa moitié, dont les faits et gestes sont listés (ajout de nouvel ami, petit mot à un ex, photo taggée avec un/e inconnu/e). En couple, Facebook occasionne la jalousie et altère le romantisme. En cas de rupture, il devient carrément un cauchemar. Tout le monde est notifié d'une éventuelle rupture (voire avant le principal intéressé). Et l'espionnage du profil de l'ex est devenu sport national. Facebook ajoute une nouvelle dimension à la détresse amoureuse. Un Anglais de 41 ans a même été condamné à la prison à vie pour avoir tué sa femme, fraîchement passée de ‘mariée’ à ‘célibataire’ sur Facebook après leur séparation. Mais parce qu'il est devenu un support privilégié pour toute relation sociale, une fois guéri d'une rupture, il s'agit de se relancer au risque, parfois, de finir le fil de la batterie du laptop entre les jambes. ‘Facebook me permet de vivre des trucs de compensation’ Car Facebook est aussi le lieu de toutes les histoires manquées, il ouvre le champ des possibles, érotise des relations jusque-là innocentes et crée une certaine intimité entre des êtres qui ne se sont jamais parlé et ne s'adresseront peut-être jamais la parole. Paul, 39 ans, raconte : ‘Je n'ai pas eu d'histoire depuis longtemps mais Facebook me permet de vivre des trucs de compensation. Il y a une personne avec qui je corresponds régulièrement, on s'envoie des petits mots gentils, on se raconte nos vies, on entretient une sorte de relation épistolaire. Ça ne mène pas bien loin mais ça permet de combler et ça me suffit pour le moment. Passer à l'étape vraie vie’ serait un peu compliqué, je n'ai pas mis ma photo et je n'ai pas envie de décevoir, ce genre de relations détachées du principe de réalité me plaît bien. C'est confortable.” Voire un peu trop parfois. Car les longues soirées passées derrière l'ordinateur à attendre une hypothétique réponse sont devenues rituelles pour beaucoup de connectés. Et si le site permet à quelques élus de trouver l'âme soeur ou de choper vite fait, il permet aussi de se conforter dans sa propre solitude. Triste constat quand on sait qu'on ne peut même pas s'ajouter soi-même en ami. En partenariat avec LesInrocks.com
28 juillet 2009
LA TAXE CARBONE EXPLIQUEE AUX NULS
Tout ce qu'il faut savoir sur la taxe carbone
Par Sophie Verney-Caillat | Rue89 | 26/07/2009 | 22H26
Qui paiera ? Quel prix ? Où ira l'argent ? Rue89 décrypte les enjeux de cette future taxe, qui pourrait être appliquée dès janvier 2010.

Peut-être que si on l'appelait par son vrai nom, « contribution climat énergie », ça passerait mieux. La commission Rocard, chargée d'y réfléchir, n'a pas encore rendu son rapport que les premières déclarations de l'ancien Premier ministre socialiste font déjà vivement réagir… Décryptage.
Donner un prix au carbone
Pour décourager l'usage des énergies fossiles, sources principales d'émissions de gaz à effets de serre, l'idée est de les taxer et avant cela de donner un prix au carbone (plus exactement aux émissions de CO2). Et ce afin d'encourager les ménages et les entreprises à adopter d'autres technologies (énergies renouvelables par exemple) ou à faire des économies d'énergie.
Comme le fait remarquer Jacques Le Cacheux, directeur du département des études de l'OFCE, la France est très en retard par rapport aux pays Scandinaves, où des taxes carbone existent depuis des années. De plus, en France toujours, « le prix du carburant relativement au coût de la vie n'est pas plus haut que dans les années 60 » (voir le graphique reproduit sur ce site).
Concrètement, un consensus semble se dégager pour facturer le CO2 à 32 euros la tonne aujourd'hui (certains vont jusqu'à 45), 100 euros en 2030, 150 à 350 en 2050.
Ce qui provoquerait une hausse des prix à la pompe : 8 centimes aujourd'hui, 25 centimes en 2030, 40 à 80 euro en 2050. Et une hausse de la facture de chauffage évaluée entre 60 euros (logement collectif au gaz) et 170 euros par an (maison individuelle au fioul).
Du prix du carbone pour quelques uns au prix du carbone pour tous
Le marché du carbone existe déjà pour les plus gros pollueurs, à travers la bourse d'échange d'émissions de CO2, qui concerne 1000 à 1200 sites industriels, qui représentent environ la moitié des émissions françaises et à qui l'Etat a attribué des quotas d'émissions autorisées. C'est pour mettre sous pression l'autre moitié des pollueurs français que le gouvernement souhaite que la taxe soit votée dans le prochain budget et soit applicable au 1er janvier 2010.
Quelle forme aura la taxe ?
La taxe carbone augmente le prix des énergies fossiles, pétrole, gaz, charbon (dont la combustion émet des gaz effet de serre), sur la base de ce prix de 32 euros la tonne de CO2. Ce qui représenterait un coût total pour les ménage de 300 euros par an.
Le gouvernement aurait pu choisir de taxer le carbone contenu dans chaque produit de consommation vendu, c'est-à-dire de rendre la « vérité des coûts en carbone », ce qui aurait été plus limpide pour le consommateur. Mais c'était aussi plus compliqué et risqué dans une économie mondialisée.
8 milliards d'euros par an, mais pas dans les poches de l'Etat
Le chiffre qui circule actuellement est celui d'une taxe qui rapporterait à l'Etat 8 milliards d'euros par an… à peu près le même montant que ce que coûterait la suppression de la taxe professionnelle. La confusion entre les deux sujets est d'autant plus entretenue que Nicolas Sarkozy a annoncé les deux réformes dans le même temps.
Ce qui fait dire à Yannick Jadot, député européen écologiste, que l'Etat « défiscalise les entreprises et fait payer les consommateurs : un transfert de fiscalité injuste ».
Pour autant, parler de transfert est une erreur, puisque la taxe carbone ne sera pas un revenu supplémentaire pour le budget de l'Etat, puisqu'elle sera entièrement compensée. « Le Président s'est engagé pour qu'il n'y ait pas de hausse de la fiscalité. Personne ne doit être lésé », a promis Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP.
Comment faire une taxe qui ne soit pas socialement injuste ?
C'est là dessus que Michel Rocard est le plus attendu et là-dessus aussi qu'il a semblé le plus confus mercredi matin sur France Inter. Pour que cette taxe ne soit pas vue comme socialement injuste, il faudra trouver les moyens de rendre de l'argent aux ménages et entreprises qui s'en acquiteront. Dominique Auverlot, chef du département recherche, technologie et développement durable du Centre d'analyse stratégique (un service de Matignon), explique les contours que devraient prendre la mesure :
« L'Etat donnerait un chèque forfaitaire en fonction de la taille du foyer, de ses revenus et sa localisation géographique, afin de permettre aux plus modestes de boucler leurs fins de mois. Chez les 20% de ménages les plus modestes, qui font très attention à leur pouvoir d'achat, cela doit permettre de comprendre qu'ils ont intérêt à changer leur comportement et à moins utiliser les énergies fossiles. »
Pour les entreprises, le meilleur moyen de rendre le produit de la taxe serait d'alléger les charges salariales, estime Jacques Le Cacheux. « On appelle ça le double dividende, c'est ce qui serait le plus simple et le plus favorable pour l'emploi et la croissance », comme l'explique cette note du Conseil d'analyse stratégique.
Une prime au nucléaire ?
L'électricité sera-t-elle concernée par la taxe carbone ? C'est l'un des points à trancher par la commission Rocard. Le gouvernement y est opposé, ce qui fait hurler les anti-nucléaire, pour qui cela favorise cette industrie « qui émet aussi des gaz à effet de serre de façon non négligeable ». Au-delà du soutien assumé à l'industrie nucléaire, cette mesure poserait d'autres problèmes, estime Dominique Auverlot :
« On est un des derniers pays aux tarifs administrés et inférieurs au prix du marché européen, donc on ne peut pas appliquer la taxe sur un marché pas libre. De plus, il faudrait que l'on ait des compteurs intelligents disant si l'électricité qu'on consomme émet beaucoup ou peu de CO2, afin que cela soit incitatif. »
Quant à savoir si cette taxe suffira à lutter efficacement contre le réchauffement de la planète, rien n'est moins sûr. Pour Yannick Jadot :
« Elle n'est pas structurelle et cohérente et ne reflète pas une politique énergétique, c'est une taxe classique qui aura un effet limité, globalement on va taxer un peu plus l'essence. »
Jacques Le Cacheux regrette lui que l'on n'aille pas assez vite par rapport au changement climatique : « C'est une occasion loupée, la montage va accoucher d'une souris. »
ON NE DIVORCE PLUS A CAUSE DE LA CRISE AUX USA !!!
Aux Etats-Unis, c'est aussi la crise pour les divorces
Par Armelle Vincent | Journaliste | 26/07/2009 | 13H07
Murielle voudrait quitter son mari Pierre*. Ça fait des mois que le conflit gronde entre eux. Après s'être cachée la face pendant des années, elle a fini par reconnaître ses infidélités et ne peut plus le supporter. Et puis elle voudrait refaire sa vie. Ou du moins se libérer du joug matrimonial afin de se remettre en quelque sorte sur le marché des célibataires.
Seulement voilà : à cause de la crise, le couple a décidé de rester ensemble, du moins pour le moment. La valeur de leur maison a chuté, l'emploi de Pierre est instable. Quant à Murielle, elle a abandonné son boulot de prof pour donner des cours particuliers à la naissance de ses enfants. Et avec les licenciements en série d'enseignants, ce n'est pas demain la veille qu'elle risque de retrouver un emploi à plein temps. Bref, Murielle et Pierre n'ont pas les moyens de se séparer. Encore moins d'engager des dépenses inconsidérées en frais d'avocats (nous sommes à Los Angeles).
Alors, comme un nombre de plus en plus élevé de couples, ils ont pris la décision de continuer à co-habiter en faisant chambre à part et en vivant chacun leur vie. Pas évident. Pourtant, c'est la tendance actuelle aux USA. Avec la crise économique, la débâcle des sub-primes et l'endettement des ménages, ceux qui ne peuvent plus se voir en peinture sont obligés de composer. L'ironie est que les difficultés financières ont longtemps été le principal motif de la majorité des divorces. Mais la situation est aujourd'hui si préoccupante qu'elles produisent actuellement l'effet inverse.
« Même les riches ont maintenant peur de diviser leurs biens »
« En vingt ans de métier, je n'ai jamais vu ça », commente Sharon Jill Sandler, une avocate spécialisée en droit de la famille. Sharon est partenaire dans un cabinet de Century City, dans le westside de Los Angeles. Elle gère une clientèle riche qui, il n'y a pas encore si longtemps, n'aurait pas hésité une seconde avant de divorcer :
« Mais même les riches ont maintenant peur de diviser leurs biens, ajoute Sharon. Ils ont perdu beaucoup d'argent et se sentent menacés, en déséquilibre. Leurs fortunes ne semblent plus aussi solides. Alors ils restent ensemble en attendant que les choses s'arrangent. »
Ou bien ils divorcent quand même tout en continuant de partager leur résidence. Généralement, le mari se retrouve dans le sous-sol aménagé, tandis que sa femme et ses enfants restent à l'étage. Dans ces cas-là, Sharon raconte qu'elle doit faire preuve d'une sacrée dose de créativité pour satisfaire ses clients en incluant des clauses inhabituelles dans leur convention, comme par exemple la co-propriété de la maison jusqu'à une date définie à l'avance mais que les divorcés peuvent changer d'un commun accord.
« Quel que soit le degré d'acrimonie et le caractère vicieux du divorce, les couples s'entendent pour limiter les dégâts et préserver leurs biens dans la mesure du possible. »
Sharon a perdu environ 15% de sa clientèle au cours des douze derniers mois et du coup, réduit ses tarifs.
Souvent d'ailleurs, ce n'est plus une maison qui doit être partagée, mais un gros paquet de dettes et d'hypothèques. Car il n'est pas rare que la valeur de la maison soit désormais inférieure au solde du prêt immobilier.
Une chute de 9% du nombre de divorces dans le comté de Los Angeles
Dans le comté de Los Angeles, le nombre de divorces a chuté de 9% par rapport à 2007. Tandis que la droite chrétienne applaudit et se félicite de cette conséquence inattendue de la crise, les psychologues flairent un danger. Les cas de violences domestiques et de désertion du foyer par un parent ont en effet augmenté.
Tous les couples souffrant de désamour ne sont en effet pas capables de co-habiter dans une relative harmonie :
« J'ai des clientes qui me téléphonent pour me dire qu'elles n'ont jamais été victimes de violences domestiques aux mains de leur mari mais que la situation chez elles est si tendue qu'elles craignent le pire », raconte Sharon.
Même si les taux de divorces déclinent progressivement aux Etats-Unis depuis 1981, il faut remonter à la crise de 1929 pour comparer le phénomène actuel. « A l'époque, on constata avec ravissement les effets positifs de la crise sur les mariages », écrivait récemment le professeur d'histoire et d'études familiales Stephanie Coontz :
« Mais les cas de violences domestiques augmentèrent proportionnellement. Lorsque les gens se trouvent forcés pour des raisons économiques de rester dans un mariage déjà conflictuel, ce n'est bon ni pour eux, ni pour leurs enfants. »
Il y a pourtant des cas, comme celui de Murielle et Pierre où, étrangement, le couple qui n'en est plus un réalise qu'il s'entend bien mieux que lorsqu'il était encore marié au vrai sens du terme. La pression et les contraintes, sexuelles ou autres, ont été comme dégoupillées, décapitées. Mais ce n'est pas la majorité.
* Les prénoms ont été modifiés.
26 juillet 2009
A PARIS LE TOURISTE EST PLUME EN TERRASSE DANS LES BARS
A Paris, on sert des bières d'un litre... aux touristes
Par Soline Ledésert | Etudiante | 26/07/2009 | 12H41

Si vous êtes touriste à Paris, vous dépenserez beaucoup d'argent, et certainement plus que si vous êtes Parisien, en allant au même endroit. Comment ça se fait ? Sans aller jusqu'à expérimenter les décaissements de tout bon touriste en visite une semaine à Paris, j'ai fait l'expérience simple et révélatrice d'une terrasse un après-midi, accompagnée de quatre jeunes américaines, dans un café de l'Ile de la Cité.
Addition : 6,80 euros le café au lait, 13 euros la bière, et le sentiment d'être poussé à la consommation (et de devoir le payer).
La commande s'est faite en anglais : « Two coffees, two hot chocolates and one beer, please. » Le serveur, sans évoquer aucune précision de prix, pose la question : « Coffees with milk ? » Sans savoir que leur « yes, please » leur couteraient quelques 3 euros de plus, les jeunes filles acceptent.
« And the beer, medium or large ? » : comprenant que « large » serait une pinte, j'acquiesce à mon tour, et opte pour le « large ». Nos boissons arrivent quelques instants plus tard. (Voir la vidéo tournée par Julien Martin)
Sur le plateau donc, deux bols de chocolats chauds, deux bols de café (oui, des bols ! ) et… un litre de bière. « A large beer » ne signifait donc pas une pinte de bière (0,5 litre) mais plutôt un litre de bière, ce qui est peu probable d'être la taille que souhaite une jeune fille, en plein après-midi.
L'addition arrive. Total : 40,20 euros. L'une d'entre nous interroge en anglais le serveur : « Est-ce la taille normale des boissons ? » Aucune réponse. Soit il ne comprend pas, soit il fait semblant de ne pas entendre.

Même pour un Red Bull « moyen », c'est 50 centilitres
Autour de nous, d'autres consommateurs ont plus de succès. Des Allemands demandent en Français confirmation du prix de leur bière « moyenne » inscrit sur le ticket. Le serveur rétorque : « 9 euros, OK ? » Ils opinent du chef ; après tout, les vacances, ça coûte cher…
Une Espagnole balbutie dans toutes les langues pour savoir s'il s'agit bien de la boisson qu'elle a commandée qui vient d'arriver sur sa table. Le garçon de café fait signe de la tête que oui. Oui, même pour du Red Bull, un « moyen », c'est 50 centilitres !
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Même commande et même tarif pour le journaliste de Rue89 qui nous accompagne et filme en caméra cachée. Une bière « moyenne » : 50 centilitres et 9 euros. En partant, il questionne le serveur : « Je pensais avoir un demi, vous n'en servez pas ? » « Pas en terrasse. »
Pourtant, le panneau légal indiquant le prix des boissons (ici, un petit panneau donnant les prix de huit boissons seulement et dissimulé derrière une porte vitrée repliée) mentionne le prix de 5,10 euros pour une bière « flacon » de 33 centilitres en salle ou en terrasse… « Il ne s'agit pas d'un demi mais d'une bouteille », rétorque le patron. C'est vrai, mais elle n'est jamais proposée.
Trois classes de prix : les habitués, les touristes et les autres
Pour tout ce qui nous a été servi, aucune pratique strictement illégale. Mais l'arnaque frise le grotesque. Les prix ne sont pas transparents et les voeux des clients exagérément surinterprétés.
La pratique est loin d'être isolée. Un serveur d'un autre café du quartier Saint-Michel témoigne dans le même sens :
« En gros, on a trois classes de prix : les habitués, les touristes et les autres. »
Les habitués ont les prix du bar, aussi parce qu'ils vont plus naturellement vers le bar, connaissant les prix de la salle et de la terrasse. Prix du café : 2 euros. Les touristes insouciants sont plutôt mal lotis : on leur sert des portions systématiquement plus grandes, après un discours sur les prix des moins transparents. Prix du café servi : 7 euros.
Pour les autres, Parisiens et toute personne qui a plus de flair, une petite discussion avec le serveur au moment du choix de la consommation renseigne tout de suite sur les prix associés aux quantités des boissons et à la salle ou la terrasse.
Le même serveur de Saint-Michel poursuit :
« Les petites anarques, c'est proposer des suppléments sans préciser qu'ils sont facturés : un peu de salade, par exemple, qu'on facture ensuite 5 euros. C'est mettre des glaçons dans la moitié d'un verre de Coca.
C'est servir au verre de la limonade pression, achetée quelques centimes d'euros le litre, quand un client commande un Sprite.
C'est dire qu'en terrasse, on ne sert que telle quantité minimum. C'est se permettre de refuser de servir des clients si on sent qu'ils ne vont pas consommer gros.
C'est refuser de donner un verre d'eau du robinet au prétexte qu'on n'a que de l'eau en bouteille… »
Bienvenue à Paris, la ville la plus visitée du monde.
Vidéo (et coaching) : Julien Martin
25 juillet 2009
QUAND LE RAP PERMET D'EXPLIQUER LES RELATIONS INTERNATIONALES...
Jay-Z nouveau symbole de la puissance américaine ?
Par Diane Lisarelli | LesInrocks.com | 24/07/2009 | 11H48
Le Death Of Auto-Tune lancé par Jay-Z le mois dernier a fait couler beaucoup d'encre. Après avoir été la cible de certains rappeurs jaloux, Shawn Carter est devenu une source d'inspiration pour les profs de science politique.

Quelque peu échaudé par l'intro de Blueprint 3 (le très attendu nouvel album de Jay-Z à sortir le 11 septembre prochain), The Game, rappeur de son état, a récemment décidé d'insulter personnellement Shawn Carter (le vrai nom de Jay-Z) lors de tous ses concerts européens.
La raison ? Une punchline associant The Game à Damon Dash, ancien partenaire de Jay-Z avec qui les relations se sont dégradées.
Résultat, des gros « Fuck Jay-Z », « Old Ass Nigga » balancés au micro et des attaques pas très réglo du style :
« Jay-Z me clashe dans un de ses morceaux. Mais maintenant il est temps de lui péter son fauteuil roulant et de le reconduire à la maison de retraite ! »
Soft power
Rien de très nouveau dans le monde du hip hop U.S. où les clashs sont monnaie courante. Pourtant, un professeur de géopolitique américain a trouvé le moyen de rattacher cet épiphénomène à une pensée plus globale sur le concept de puissance dans les relations internationales modernes. Il publiait ainsi sur son blog un article remarqué intitulé « Jay-Z vs the Game : Lessons for the American Primacy Debate ».
Le propos ? Jay-Z exerçant une certaine suprématie sur le rap U.S (Forbes l'institue comme le rappeur le plus puissant financièrement, il est réputé pour être le meilleur rappeur vivant, il est marié à Beyonce et même Obama dit l'admirer), il se retrouve dans une situation similaire à celle des Etats-Unis aujourd'hui dans le monde : il est le plus puissant mais le moins enclin à pouvoir exercer sa puissance.
Soft power oblige, la violence étant désormais exclue du fait des dommages irréparables des conflits précédents (en l'occurrence, les morts respectifs de Tupac et Biggie), en devenant le plus puissant Jay-Z n'a peu à peu plus pu prendre part aux beefs qui régulent pourtant la vie du hip hop américain - un conflit n'étant plus clairement profitable pour lui qui était déjà au sommet.
Comme les Etats-Unis, Jay-Z a pourtant été la cible d'attaques de plus en plus nombreuses… auxquelles il était de plus en plus difficile de répondre à mesure que la liste de ses ennemis grossissait.
Une puissance vieillissante et fragilisée
L'histoire nous apprend que quand une puissance domine, elle devient le symbole du pouvoir contre lequel il faut lutter. C'est ce qui est arrivé à la Grande Bretagne au XIXe siècle et c'est ce qui arrive aux Etats-Unis aujourd'hui.
En s'attaquant il y a quelques semaines à l'Auto-Tune et toute la génération de rappeurs qui en a fait ses choux-gras, Jay-Z a ouvert une brèche, permettant à ses adversaires de le qualifier de vieil has-been.
C'est ce que s'est empressé de faire The Game, pas seulement parce que Jay-Z, à quelques semaines de la sortie de son nouvel album, est sous les projecteurs, mais aussi parce qu'il apparaît, en raison de son âge et de ses prises de position, comme une puissance vieillissante et fragilisée.
Ainsi, si Jay-Z peut être comparé aux Etats-Unis, The Game est lui une petite puissance :
« Il est la Corée du Nord ou l'Iran, affirme Lynch. Il ne gagnera pas mais il pourra affaiblir son adversaire lors d'un conflit prolongé ».
Aujourd'hui,« Jay Z, comme les Etats-Unis après la guerre en Irak, a une décision importante à prendre ». Ignorer ces provocations au risque qu'elles se multiplient et que les autres présument de sa propre faiblesse. Ou frapper un grand coup, détruire The Game, au risque de s'épuiser durant le conflit.
La suite dans les livres d'Histoire ?
20 juillet 2009
DROIT DE L'INTERNET
Un droit presque adulte
Le droit de
l'Internet - ou ce qu'il est convenu de nommer ainsi - a balbutié dans
les premières années. Le Web - qui correspond à l'essor de l'Internet
tel que tout le monde le connaît - a bientôt 13 ans. Beaucoup des
tâtonnements sont désormais derrière nous. La législation française,
relayant parfois des textes communautaires, s'est, elle aussi, cherchée
et, réserve faite de points qui pourraient toujours être améliorés,
offre aujourd'hui un corpus de règles qui accèdent à l'âge adulte.
C'est à nos yeux le grand apport de la loi sur la confiance dans
l'économie numérique (LCEN ou LEN), promulguée voici bientôt 18 mois.
Elle a créé un corps de règles éditoriales détachées de la tutelle de
l'audiovisuel. De sorte qu'aujourd'hui l'Internet - pardon..., la communication au public en ligne - possède son régime propre.
On chercherait vainement le mot Internet
dans la législation. Dans leur souci de généraliser leurs règles, les
divers législateurs usent toujours d'une périphrase, telle celle que
nous venons de citer et qui permet d'englober des familles de situations plutôt qu'un phénomène circonscrit et peut-être éphémère.
Même s'il n'existe pas, à proprement parler, de « droit de l'Internet
», les règles qui ont vocation à s'appliquer au phénomène sont
nombreuses puisque celui-ci s'analyse tour à tour en un support
d'œuvres dites littéraires et artistiques (droit d'auteur donc), en un
outil de communication (droit dérivé de la presse), en un vecteur de
diffusion de données à caractère personnel (Informatique fichiers et
libertés), en un lieu de commerce (droit commercial, droit de la
consommation, vente par correspondance...), etc.
Un premier dossier sur le sujet
Defidoc
s'est largement fait l'écho jusqu'ici des questions de droit d'auteur
en général, et qui s'appliquent tout naturellement à Internet.
Ce premier dossier spécial sur le droit de l'Internet aborde deux des autres facettes de ce droit transversal :
- Les questions de responsabilité éditoriale et assimilées ;
- Les questions de protection des données à caractère personnel appliquée à Internet.
Nous y ajoutons certains retours d'expériences de gestion de sites Web.
Nous proposons dans un article introductif : Du mythe du vide juridique au droit de l'Internet, une réflexion sur le soi-disant droit de l'Internet. Ni vide juridique, ni droit à part entière, cette matière emprunte à diverses autres. La seule vraie création, presque ex nihilo, est sans doute le droit des noms de domaine dont nous avions rendu en partie compte dans un article déjà en ligne sur Defidoc en mai 2005 : Noms de domaine : l'arbitrage OMPI...
La LCEN, du 21 juin 2004 a donc profondément modifié ou confirmé les modifications apportées en 2000 au régime de responsabilité éditoriale en vigueur sur les sites web hébergés en France.
Dans un article général : La responsabilité éditoriale sur Internet : introduction,
nous présentons le dispositif juridique aujourd'hui applicable aux
sites web, au sein duquel se retrouvent les lois de 1881 sur la liberté
de la presse, de 1982, de 1986 et de 2000 et pour finir la LCEN de 2004.
Suivent alors des articles sur les divers points de la responsabilité éditoriale tels que le directeur de la publication, si mal connu, l'obligation de s'identifier en ligne, si peu appliquée, le droit de réponse Internet à découvrir, la responsabilité des hébergeurs, strictement limitée, et enfin, la question des liens hypertextes.
La loi Informatique, fichiers et libertés, elle-même réformée à l'été 2004, s'applique sur plusieurs points aux sites Internet, dès l'instant que ceux-ci diffusent des données à caractère personnel. Le respect des données à caractère personnel sur un site web fait le point sur cette question.
Forts de nos expériences professionnelles en matière de gestion de sites web, nous rendons compte de ce que nous avons constaté sur les pratiques juridiquement peu fiables de nombreuses sociétés de développement de sites. Nous signalons donc les écueils à éviter et préconisons ce qui, à notre sens, relève des bonnes pratiques.
Les liens sponsorisés (payants) ont pu paraître choquants lorsque les outils de recherche ont tenté de les substituer entièrement au référencement gratuit. Aujourd'hui, les deux pratiques coexistent et correspondent à deux démarches totalement différentes : d'une part, la recherche d'information ; d'autre part, la recherche de produits ou services promus par leurs prestataires. C'est à une présentation des liens sponsorisés qu'est consacré le dernier article de ce dossier.
Ce dossier porte le numéro 1 ; d'autres dossiers spéciaux sur d'autres aspects de l'Internet et de son cadre juridique viendront dans l'avenir compléter celui-ci.
|cc| Didier Frochot et Fabrice Molinaro — décembre 2005
http://www.les-infostrateges.com/article/0512228/
QUAND MTV AVAIT PEUR DE L'HOMME NOIR...
Quand MTV jouait les blancs-becs
white or white / jeudi 2 juillet par Louis Cabanes
La mort de Michael Jackson aura eu un effet inattendu : révéler le passé trouble des débuts de MTV. D’un club fermé aux ptit’s blancs jusqu’en 1983, le "moonwalker" deviendra la bête noire de la chaîne.
Nous voilà repus. Gavés comme des oies. Au jus chaud de la dernière info sur la mort de Michael Jackson. MTV (Music Télévision), le géant américain du clip télé, diffusé dans plus de 140 pays, lui, a sorti les grosses marmites. Plus de « 280h non stop » pour rassasier la planète sur le roi de la pop. Et étouffer quelques vieilles casseroles un peu grinçantes. Comme celle de l’interdiction de diffusion d’artistes noirs, pendant les premières années de la chaîne. Avant l’arrivée du génie défroqué aujourd’hui décédé.
Quand MTV avait peur du noir
On comprend aisément que l’empire MTV, sorti de terre en 1981, verse quelques larmes de crocodiles. Et fasse d’interminables ablutions sur nos écrans en documentaires, clips, témoignages de la star mondiale pour se laver d’un passé qui ne passe pas. Et jeter le bébé (noir) avec l’eau du bain.
A la création de la chaîne, au début des années 80, l’Amérique blanche n’avait pas pansé toutes ses plaies. Elle venait d’élire en 1980 un président conservateur, Ronald Reagan. Sortait à peine de la guerre du Vietnam (1975) et du conflit avec les Afro-Américains pour l’égalité des droits civiques. C’est dire si la diffusion d’artistes noirs ne remplissait pas les grilles du petit écran. La mondialisation par l’image préférait hisser d’autres héros, au teint clair, au pinacle de la nouvelle chaîne : Eurythmics, Van Halen, Bon Jovi, Def Leppard, Kiss et d’autres.
Rick James, chanteur « soul-funk » de la Motown, a été un de ceux à en avoir fait directement les frais. Il s’était vu essuyé un refus pour son clip « Super Freak » au titre qu’il ne rentrait pas dans le format rock dominant et avait accusé MTV de « flagrant racisme ». Avant d’enchaîner « qu’il n’y a pas de noirs dans les programmes sauf Tina Turner (ainsi que Donna Summer), et elle a arrêté d’être noire il y a dix ans. » Ce qui avait suscité l’interrogation de David Bowie lors d’une émission : « Pourquoi n’y a-t-il pas d’artistes noirs sur le réseau ? ». A croire, comme disait l’autre, que quand un noir devient riche, ce n’est plus un noir… mais un riche.
Michael Jackson noir sur blanc
Il aura fallu attendre 1983 pour qu’ « enfin des culs noirs viennent ensemble exploser MTV », selon la prophétie du grand Rick. Le combat n’était pourtant pas gagné. C’est par le fameux label américain CBS Records et la menace du retrait de son catalogue des programmes de la chaîne que Les Garland, co-fondateur de MTV, a revu ses inflexibles positions. Et offrit au spectateur le premier clip de Jackson, « Billy Jean », suivi de « Thriller », dont Garland dit qu’il « venait de voir le meilleur clip que j’ai jamais vu de ma vie ». Suffisant pour faire tomber le mur des conservatismes de la chaîne. De programmer Prince et Whitney Houston dans la foulée. Et faire du hip-hop Rn’B la nouvelle planche à billets.
De l’eau a coulé sous les ponts, tout comme les mannes tirées des stars du rap US, à jet continu. De Run DMC dans les années 80 en passant par Dr Dre, Eminem, Snoop Dogg (dans une moindre mesure IAM et NTM en France) et 50 cent aujourd’hui avec plus de 30 millions d’albums vendus, la rivière Pactole du rap continue son sillage doré.
Preuve en est le succès de MTV Base, chaîne du groupe MTV Network, axée uniquement sur le hip-hop Rn’B. Dont une antenne française a été crée en décembre 2007, employant « 120 à 130 salariés » (Game One et Nickelodeon compris), aux dires de son programmateur musical Raphael Da Silva. « C’est une chaîne qui marche bien chez les jeunes », avec une progression selon les derniers chiffres Médiamétrie de 36% sur les 15-24 ans et 44% sur les 15-34 ans. L’opacité est en revanche totale dès qu’il s’agit de quantifier les mannes brassées.
Quelle ironie de l’histoire. Noir, Michael Jackson avait défié en 1983 les visages pâles de la chaîne. Devenu blanc comme un cul, c’est au tour des rappeurs afro’ de se goinfrer de New-York à L.A. Décidément, il n’aura jamais rien fait comme les autres, jusqu’à mourir la veille de sa dernière tournée.
SASSOU NGUESSO ET CES FRANCAIS QUI FONT HONTE A "LA PATRIE DES DROITS DE L'HOMME"
Sassou a Toubon
Pompom / jeudi 16 juillet par Xavier Monnier
Denis Sassou Nguesso a été officiellement réélu à la tête du Congo-Brazzaville. Encore une fois…Et deux élus français ont applaudi des deux mains le scrutin. Jacques Toubon et Patrick Gaubert, toute honte bue.
Le temps béni du socialisme scientifique n’est pas tout à fait mort au Congo-Brazzaville. Porté au pouvoir en 1979 à la tête du PCT (Parti congolais des travailleurs), le président Sassou avait abandonné le matérialisme historique avec la guerre civile en 1992.
Mais ne l’a pas tout à fait oublié. Il l’a même ressuscité le 15 juillet, avec l’annonce de sa réélection avec 78,6 % des suffrages et un taux de participation de près de 66% selon l’admnistration de Brazzaville. Une annonce attendue depuis le scrutin présidentiel du 12 juillet et contestée par l’ensemble de l’opposition qui argue d’un scrutin qui n’a pas dépassé 10% de votants.
Des mauvais coucheurs, ces opposants, qui ne donnent que peu de crédit aux pourtant si irréprochables observateurs invités par la commission nationale des droits de l’homme du Congo (CNDH). « Le matériel électoral était bien sur place dans les bureaux de vote, les listes d’émargement étaient disponibles et les représentants locaux de la Conel [1] étaient équipés de téléphones portables pour parer à tout problème », ont expliqué les scrutateurs invités. Et tous deux amoureux du Congo-Brazza : les députés européens Jacques Toubon et Patrick Gaubert.
Denis Sassou Nguesso
© Kerleroux
Fidèle d’entre les fidèles de Jacques Chirac, ex-ministre de la Culture et de la Justice, Toubon n’a pas une connaissance parcellaire du Congo. Longtemps principal animateur du trop souvent oublié Club 89 (un club de réflexion politique lié à la Chiraquie) avec l’aide de Michel Aurillac (ex-ministre de la Coopération) et Robert Bourgi, Toubon a même joué les facteurs pour l’héritier des réseaux Foccart. Comme Bakchich l’avait raconté.
Ainsi, en 1995, dans un Congo-Brazzaville en proie à la guerre civile depuis 1992, le tout nouveau ministre de la Justice français, le sieur Toubon, envoie une missive datée du 7 juillet et émue au président congolais acculé Pascal Lissouba. « Vous savez que l’aide à l’Afrique constitue une priorité essentielle pour le Président Jacques Chirac. (…) Sachez Monsieur le Président que je reste votre ami fidèle et dévoué et n’hésitez pas à faire appel à moi chaque fois que vous le jugerez utile » peut-on y lire. C’est y pas mignon de la part d’un Garde des Sceaux dont le champ de compétence englobe bien entendu l’Afrique ? Preuve de sa grande amitié pour Lissouba, le petit Jacques T. charge leur « ami commun Robert Bourgi de vous faire tenir ce message ». Le tout avec en-tête du ministère de la Justice.
La lettre de Toubon
Pas bégueule, le Sassou. Il ne tient pas compte des liens de Toubon avec son ancien rival et le promeut tout de même observateur. Sans doute une preuve de la sincérité du scrutin… Ou de solidarité entre mal-logés. Enquiquiné dans la plainte pour bien mal-acquis, Sassou pourra toujours demander conseil à Toubon, qui avait vu sa mise en examen pour prise illégale d’intérêt dans l’achat d’une maison près de Perpignan annulé…
Quant à Patrick Gaubert, tout aussi député européen que Toubon mais lesté du titre de président de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémistisme), l’homme a déjà fait ses preuves pour Denis Sassou Nguesso. Et son régime. Notamment pour gérer au mieux le fameux épisode du Beach.
En 1999, au sortir de la 3e guerre civile congolaise, Sassou Nguesso, beau vainqueur, assure que les réfugiés logés à Kinshasa peuvent rentrer sans souci à Brazzaville. 300 personnes disparaissent lors de leur arrivée sur la plage au moment même où les hommes du Cobra suprême débarquent…
Gaubert, son of the beach
Menaces de procès, mauvaise pub pour le régime, soupçons de crime contre l’humanité, ramdam des familles des disparus, l’affaire du Beach fait du bruit. Que Gaubert, ainsi que le narre Xavier Harel dans son livre Pillage à huis clos, tente de circonscrire.
Extraits.
« Le 2 juillet 2004, le président de la Licra se rend à Brazzaville à l’invitation de Sassou Nguesso. Sans prendre avis auprès de son organisation. A la sortie de son audience avec le président congolais, il demande aux associations et aux parents des victimes de fournir des preuves de cette affaire pour organiser un procès au Congo dès septembre. « Le président, explique-t-il, souhaite que cette affaire vienne sur la place publique d’une manière définitive et transparente ». (…) Patrick Gaubert explique qu’il faut en finir avec ce dossier qui « porte fortement préjudice à l’image de marque du Congo et l’empêche par conséquent de conclure certains accords tant au plan bilatéral que multilatéral ». (…) Huit mois plus tard, Patrick Gaubert reprend l’avion pour Brazzaville. Son président [ de l’association des parents des victimes], Jean Mbanza, en garde un souvenir amer : « Il nous a demandé si nous avions l’intention de reprendre le pouvoir. Nous avons répondu que notre seule préoccupation était de retrouver nos enfants et de pouvoir les enterrer dignement ». Patrick Gaubert rencontre une nouvelle fois le président congolais, qui lui annonce que le procès du Beach aura lieu en avril. « Le président Sassou Nguesso a réitéré que le procès serait transparent et équitable » et que « personne ne sera inquiété pour sa sécurité ».(…) Le procès, sans surprise, est une farce. »
A l’image du scrutin validé par deux eurodéputés français ? Cocorico !
LE CAFE ET ALZHEIMER
A moins de cinq tasses par jour, le café est bon pour vous
Par Sophie Verney-Caillat | Rue89 | 19/07/2009 | 13H00

Il y a quelques jours, la publication d'une étude à l'occasion d'un congrès de gérontologie a donné lieu à des titres très raccourcis sur le thème « la caféine, nouvelle arme contre Alzheimer » ou encore « prévenir Alzheimer avec la caféine ? ». Si présenter la caféine comme un « remède » à ce fléau -qui toucherait près d'un million de personnes en France- est abusif, c'est l'occasion pour Rue89 de faire le point sur ses effets à court et long terme.
Et de fait la substance n'est pas si nocive que ça, à condition de ne pas dépasser cinq tasses par jour. Pour cela, nous sommes allés interroger Jean-Christophe Corvol, neurologue et pharmacologue à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris.
Moins de cinq tasses : les avantages
Cela va sans dire, le café réveille, c'est même pour ça qu'on en boit, bien plus que pour son goût. Il réveille en fait rapidement puisque la caféine est présente dans le cerveau cinq minutes après absorption et ses effets durent six à huit heures après. Les traces de caféine se retrouvent même dans le sang vingt heures après.
Jean-Christophe Corvol explique comment la caféine affecte l'organisme :
« En agissant sur les neurorécepteurs, plus exactement l'adénosine, elle réveille et permet la concentration. C'est si vrai qu'on en donne même aux prématurés qu'on veut éveiller lorsqu'ils font des pauses respiratoires et qu'elle est présente dans certains médicaments pour contrer les effets de la somnolence.
La caféine a aussi des effets sur les vaisseaux sanguins qu'elle contracte et, en cela, elle est utilisée comme anti-migraineux. La caféine agit aussi sur les bronches, comme un bronchodilatateur, à faibles doses. Elle a enfin des effets cardio-vasculaires puisqu'elle augmente le rythme cardiaque et la tension artérielle. »
Moins de cinq tasses : les petits inconvénients
Pris une heure avant le coucher, le café allonge la durée d'endormissement et raccourcit le temps de sommeil total. La caféine désorganise le sommeil et donne l'impression qu'il a une moins bonne qualité. Cependant, beaucoup de personnes se sont habituées à absorber du café vers 18 heures sans rencontrer aucun problème pour dormir. Cela s'explique par la capacité qu'a le cerveau de compenser la caféine en augmentant la sécrétion des hormones de sommeil au moment où l'on se couche.
La caféine n'est pas vraiment une drogue au sens où elle ne procure pas une dépendance problématique. Elle en est une au sens où son sevrage pour un consommateur régulier induit des effets « rebond » désagréables comme les maux de tête, l'irritabilité et la somnolence. Mais ces effets se limitent à quelques jours.
Plus de cinq tasses : attention danger
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Une consommation normale n'est pas supérieure à cinq à six tasses par jour (soit 500 mg de caféine en moyenne). C'est la limite que les médecins préconisent de ne pas dépasser. Au-delà de dix tasses (1000 mg de caféine), la consommation du produit peut provoquer insomnie, confusion et troubles du rythme cardiaque. Des cas mortels d'intoxication aiguë ont été observés après 50 tasses !
Jean-Christophe Corvol a fait le tour de quelques études et remarque que :
- Les effets sur le système cardiovasculaire à long terme sont contradictoires. A doses normales, le café n'est pas délétère. Cependant, certaines études montrent une augmentation du risque d'infarctus, de la tension artérielle, une augmentation du « mauvais » cholestérol et une diminution du « bon » cholestérol chez les « grands consommateurs de café » (au-delà de cinq tasses par jour).
- Le risque d'infarctus serait deux fois plus important chez les personnes
buvant plus de quatre tasses de café par jour, selon une étude publiée dans le Journal of the American Medical Associations. Seraient surtout à risque les personnes qui « éliminent » mal la caféine. En effet, certaines enzymes détoxifiantes de l'organisme permettent d'éliminer la caféine. Si ces enzymes sont déficientes, les risques sont plus importants pour une même dose de café.
Le café bénéfique pour l'Alzheimer ?
Les récentes études portant sur des souris publiées dans le Journal of Alzheimers Disease ont montré deux choses.
- L'administration de l'équivalent de cinq tasses de café à des souris prévient les pertes de mémoire lorsqu'elles sont « âgées » (12 mois chez la souris).
- Ce traitement empêche la formation des dépôts cérébraux observés dans la maladie d'Alzheimer.
La caféine « guérit » les souris de l'Alzheimer, soit, mais démontrer qu'elle est efficace chez l'homme est une autre histoire…
Il faudrait surveiller la consommation de café sur dix ans chez 1000 patients et voir ceux qui développent la maladie d'Alzheimer ou pas, et tester si le café ralentit la progression de la maladie. A l'heure actuelle, rien ne permet de conseiller de boire du café pour éviter cette maladie.
Les chercheurs en matière d'Alzheimer sont confrontés à une difficulté majeure : ils ne savent pas pister la dégénérescence des neurones, il leur manque le fameux « marqueur » comme la glycémie qui permet de tester le diabète. « C'est un des domaines les plus compétitifs de la recherche mondiale et l'un des objectifs de l'Institut de la moëlle et du cerveau qui va ouvrir à Paris », explique Jean-Christophe Corvol.
Il est encore trop tôt pour dire s'il protège réellement contre la maladie d'Alzheimer mais, suite aux travaux chez la souris, des études chez l'homme vont bientôt être menées.
Photo : deux tasses de café turc à Istanbul (Osman Orsal/Reuters).



