05 juin 2009
La fin du gigantisme américain?
Vivre en plus petit : la nouvelle frugalité américaine
Par Hélène Crié-Wiesner | Ecrivain, spécialisée en environnem... | 03/06/2009 | 20H54
Maisons, voitures, alimentation : en crise économique et écologique, l'Amérique redécouvre avec entrain les vertus de la sobriété.
(De Raleigh, Caroline du Nord) Frugalité, simplicité, vivre mieux avec moins… On se croirait revenus à l'époque des gentils hippies, quand "small" était "beautiful", et surtout fun. Sauf qu'aujourd'hui, la crise force la société américaine à reconsidérer ses valeurs.
A en croire la presse ces derniers mois, les habitants de ce pays sont devenus des modèles de sobriété : petites voitures, petites maisons, cartes de crédit à la poubelle, repas à domicile, sans oublier la vogue des potagers et poulaillers personnels. Autour de moi, je le constate : tout rétrécit au pays de l'oncle Sam.
Ces nouveaux comportements sont parfois contraints, parfois volontaires, histoire de prendre les devants sur les changements inéluctables qui s'annoncent, dus -sans ordre précis- aux crises économique et écologique.
L'Amérique profonde réagit à sa façon. Américaine, et différente de ce qui se passe en France, si je puis dire. Une manière qui tient forcément compte du contexte culturel étazunien. (J'anticipe les commentaires sarcastiques anti-américains primaires, sans trop d'espoir.) Parfois, on a tout de même envie de sourire.
Les lycéennes affichent une aversion soudaine pour les fringues neuves
Les intellos-écolos, depuis longtemps sensibilisés, ont été précurseurs de cette tendance du pays à réduire son train de vie. Sur ce blog, en janvier dernier , j'avais signalé le phénomène. Je faisais alors référence à « quelque chose qui s'apparente aux expériences alternatives de certaines communautés des années 70, sauf qu'aujourd'hui, leurs acteurs n'ont pas la prétention de vivre en marge du système. Ils vivent dedans, autrement, avec moins, volontairement beaucoup moins ».
Il suffit de voir ces lycéennes, camarades de mes fils, ici et dans des villes différentes : je les ai connues folles de mode et de shopping frénétique ; elles affichent une aversion soudaine pour les fringues neuves.
Leur nouveau sport, c'est la chasse aux fripes et aux jolis vêtements d'occasion dans les innombrables dépôts-ventes qui fleurissent dans les villes. (A quand une série télé sur ce genre de filles ? Ça donnerait une autre image des Etats-Unis que "Gossip Girls" ou "Sex And The City".)
Leurs mères, quant à elles, se détournent progressivement de l'idole cathodique Martha Stewart , "la reine du bien-vivre chez soi" comme dit Wikipédia. Elles se reportent sur Wanda Urbanska , égérie sur la chaîne PBS du mouvement "Simple Living ".
Son show est diffusé depuis 2004, et le nombre de spectateurs croît chaque année. Son crédo :
« Il y a toujours eu des gens pour avoir envie de redéfinir leurs priorités de vie, pour revenir à l'essentiel, pour vouloir bâtir des relations solides et prendre soin de leur communauté. Nous voulons tous apprendre à gérer notre temps et notre argent, autant le faire avec l'impact écologique le plus petit possible. »
Couper la télé ou rapetisser la voiture
Le réseau « Simple Living Network » regroupe des centaines de milliers de membres, et, selon sa fondatrice Carol Holst, ne cesse de grossir. Ceux-ci sont mus par le concept de « simplicité volontaire » ("volontary simplicity ") -lequel se décline lui aussi sur une multitude sites web. Carol Holst explique :
« La simplicité varie d'un individu à l'autre. Pour certains, ça peut être de ne plus regarder la télé. Pour d'autres, de joindre un club de jardinage. Ou de déchirer sa carte de crédit. Ou d'acheter une Smart à la place de son cabriolet Mercedes. »
On peut même prendre des cours de simplicité volontaire, des tas de groupes locaux en dispensent pour pas cher ou pour rien. On peut aussi acheter plein de livres sur le sujet (je fournis une liste sur demande). On peut aussi rendre visite aux lieux de vie (pour ne pas dire communautés, terme inadéquat et daté) qui se créent en toute discrétion un peu partout.
Parce qu'il a été décrit dans un reportage du magazine Oprah, le Simple Living Institute, Inc, fondé en 2002 en Floride, est une sorte de référence pour les gens intéressés par le sujet. Mais à peu près n'importe où on rencontre des jeunes bien décidés à vivre "off the grid" (hors du réseau électrique). L'hebdo Business Week parlait à l'automne d'un « new-age de la frugalité ».
S'entraîner à vivre pauvre
Jusque là, j'ai présenté les volontaires. Mais d'autres individus, très ordinaires (vendeurs, avocats, profs, garagistes, agent des impôts, infirmiers, gardiens de prison…), décident aussi de réduire leur train de vie. Bien obligés : la peur du chômage hante tout le monde.
Quant à ceux qui y sont déjà, qui ont perdu du jour au lendemain l'assurance médicale de la famille, qui n'attendent plus que la saisie de leur maison qui ne sera payée que dans vingt-sept ans, dont la vieille mère a été jetée de sa maison de retraite, dont les gosses ne pourront terminer leurs études faute de pouvoir payer l'université (même publique), eh bien, ils doivent s'adapter.
« Etre économe, c'est comme être au régime : c'est plus facile si vous avez un objectif tangible. »
Voici le type de conseil que les « coachs de vie quotidienne », nouvelle profession qui fait florès, donnent à des gens qui voudraient vivre autrement, mais ne savent pas comment faire. Intégrer les notions d'indispensable et de superflu, quand on a toujours vécu à l'aide d'une carte de crédit dans une société qui encourageait ce comportement, ce n'est pas évident pour tout le monde.
Ainsi, Kristine Miele, « financial planner » (elle aide les gens à établir un budget), propose des « cours de vie » ("lessons for life"), basées sur la hiérarchie des besoins établie par le psychologue Abraham Maslow : nourriture, vêtements, logement et transport.
Elle enseigne à ses clients à se recentrer sur leurs besoins élémentaires, en les entraînant à abandonner, une à une, les dépenses inutiles qui les attirent vers la spirale du crédit.
La fin du "toujours plus"
Personnellement, j'ai l'impression que le changement le plus marquant, celui qui aura à terme l'impact le plus important sur la société américaine, touche à l'évolution de l'idée nationale de la maison.
Comme le soulignait le New-York Times en raillant les Américains (mais les Européens qui les moquent sont pareils) d'avoir toujours voulu augmenter la taille de leurs possessions : « No, you cannot get up-grade » (approximativement : « Vous ne pouvez pas avoir plus grand. »). Dans nul autre secteur que celui des maisons cette folie du « toujours plus » n'a été aussi visible.
Après la Seconde Guerre mondiale, les soldats démobilisés et leurs familles emménageaient dans des logements de 90 m2. Dans les années 70, la taille moyenne des maisons américaines était de 150 m2. Aujourd'hui, elle est de 233 m2.
Or, les maisons ne se vendent plus. Leur prix a dégringolé. Plus elles sont grosses, moins elles partent. Les gens commencent à se douter que la tendance va perdurer, et à se poser des questions sur l'utilité de la vastitude à laquelle ils aspiraient, comme tout le monde.
Reconsidérer le statut social
Voyez ce qu'en dit Geneviève Ferraro, animatrice du website « The Jewel Box Home », la maison boîte à bijoux. (Ce site vaut le coup d'œil, histoire de comprendre ce que le citoyen américain ordinaire entend par « petite » maison. Pour la classe moyenne qui ne vit pas dans une grande ville ultra-chère, une maison de 4 à 5 pièces/180 m2 est vue comme relativement petite.)
« Se loger a toujours été un sport très compétitif aux Etats-Unis, et se loger petit trimballait une connotation négative. Votre statut social s'acquiert en vendant votre maison et en déménageant dans quelque chose de plus grand.
A mon avis, c'est en train de changer : la meilleure manière de s'afficher comme un citoyen responsable vis à vis de l'environnement est de choisir une petite maison, qui consommera automatiquement moins de tout. »
En toute logique, les magazines spécialisé en déco, en architecture, en urbanisme, en pincent désormais pour les « petites » constructions. La presse écolo, elle, boit du… petit lait. Un article de E.Magazine consacré à cette nouvelle vogue des « little boxes » (petites boîtes) se termine par ces mots :
« Si les “ McMansions ” [grandes maisons bâties toutes sur le même modèle, comme des McDo, ndlr] ont été l'emblème des années fric, des décennies 80 et 90, les maisons plus modestes pourraient bien devenir celui d'une génération qui a décidé de ralentir, de considérer l'état des ressources de la planète, et de faire ce qu'il fallait pour les préserver. »
La mode, un éternel recommencement
Et bien sûr, puisque c'est toujours mieux d'appartenir à une communauté que d'agir seul dans son coin, est née la « Small House Society ». Jay Shafer en est l'un des fondateurs :
« Je me demande si cette mode des petites maisons peut être comparée à ce qui se passe avec la mode vestimentaire, qui ne fait rien d'autre que remettre au goût du jour les styles du passé.
Les maisons relativement petites étaient la norme il y a quelques décennies. Et puis le grand est devenu la règle.
Ré-écoutez la chanson « Big time » de Peter Gabriel : on aime les grosses voitures, grosses maisons, grosses télés, grosses églises, et même les « super-sized » (super-portions) de nourriture… lesquelles nous ont précipité dans l'obésité. »
Tout le monde n'est pas ravi de cette tendance générale à la réduction. Sur le site MoneyWatch , lié à la chaîne télé CBS, j'ai lu ce commentaire révélateur :
« D'accord, en tant que nation, nous sommes allés trop loin avec nos cartes de crédit. Mais le crédit facile permet de s'éclater quand on fait du shopping, et ça a été un des facteurs de vitalité des Etats-Unis au cours des soixante dernières années.
J'espère que les consommateurs américains vont laisser cette foutue frugalité derrière eux quand la reprise montrera son nez. »
C'était à prévoir : tout le monde n'est pas sur la même longueur d'onde.
Photos : des modèles de petites maisons vendus aux Etats-Unis, décrites en détail sur le Tiny House Blog (DR).
Quand le consommateur travaille gratis sans le savoir
Entretien
Quand le consommateur travaille gratis sans le savoir
Par Dominique Albertini | Etudiant en journalisme | 03/06/2009 | 20H46

Régler ses achats à une caisse automatique, suivre les instructions d'une boîte vocale pour changer de forfait téléphonique, enregistrer ses bagages : le consommateur travaille à l'oeil sans le savoir. C'est la thèse de Marie-Anne Dujarier, sociologue et auteur de l'étude « Le Travail du consommateur » (La Découverte, 2008), qui analyse ce phénomène pour Rue89.
Quels sont les raisons qui poussent les entreprises à faire travailler les clients ?
Je pars de l'observation que les entreprises demandent de plus en plus au consommateur de coproduire ce qu'il achète. Je parle de « travail » à partir du moment où la tâche qui lui échoit suppose une implication physique ou cognitive, qu'elle est inscrite dans un rapport social et enfin, qu'elle crée de la valeur pour l'actionnaire.
Quelles formes peut prendre ce travail du consommateur ?
On peut en distinguer trois :
- C'est l'externalisation de tâches rendues très simples vers le consommateur. Ceci est surtout visible dans l'extension du self-service : pompes à essence, caisses automatiques dans les gares ou les cinémas, self scanning… La plupart du temps, le client est contraint ou fermement incité à les utiliser.
- Le fait de faire appel à l'envie que les gens ont de travailler, même bénévolement. Il s'agit de capter dans la foule, des oeuvres, des données, des idées, des productions dans un but lucratif. Il s'agit typiquement des vidéos sur Youtube, ou des informations abandonnées sur Facebook, comme de la participation à des tests de produits… Ici, le consommateur vient travailler de lui-même, pour le sentiment d'utilité, la quête de reconnaissance et la socialisation que procure l'activité.
- Le travail d'organisation : il s'agit des efforts que doivent déployer le consommateur pour résoudre les contradictions créés par le marketing, qui le traque et le fait « roi » simultanément.
Qui gagne, qui perd à ce système de coproduction ?
Pour les entreprises, les consommateurs sont vus comme une main d'oeuvre gratuite, abondante et parfois enthousiaste à la tâche. La relation de service réapparaît cependant parfois, lorsque les gens ont trop de difficultés à faire le travail. Mais ce retour est le plus souvent payant, en temps ou en argent.
En ce qui concerne les clients, c'est d'abord une question de compétence : ceux qui sont capables de se débrouiller avec les systèmes y trouvent un important bénéfice objectif et subjectif. Ça va vite, c'est parfois moins cher, c'est même parfois agréable à faire…
En revanche, l'incapacité à accomplir la tâche peut être vécue négativement. Dans ce cas, la technologie est mise en accusation plutôt que l'organisation du travail.
Par exemple, lorsqu'une consommateur appelle un répondeur pour résoudre un problème technique et qu'il échoue à trouver une solution à son cas, c'est généralement contre celui-ci qu'il s'insurge, plus que contre l'organisation du travail qui lui impose d'effectuer cette réparation lui-même, avec un automate.
Quelles catégories de la population sont les plus susceptibles d'être exclues par ces nouveaux dispositifs ?
Contrairement à ce que l'on pense, le critère discriminant est moins l'âge que la classe sociale : un cadre retraité, par exemple, pourra être plus à l'aise qu'un jeune homme qui n'a pas eu d'occasion de se former à l'informatique, par exemple.
Il y a aussi la question de la compréhension même de la logique de la tâche à accomplir, et la maîtrise des présupposés culturels et langagiers : quelqu'un qui n'a jamais pris le métro à Paris, peut-il comprendre ce que lui dit la machine lorsqu'elle lui demande de présenter son « pass Navigo » ?
Enfin, l'illettrisme est évidemment un problème pour réaliser toutes les tâches qui passent par de l'écrit. De nouvelles situations de handicap apparaissent donc ici.
Quel est le bilan social du travail des consommateurs ?
Les entreprises cherchent à réduire la masse salariale. Néanmoins, la coproduction peut aussi entraîner le développement de nouveaux emplois dans le champ de la conception et de la maintenance des systèmes experts, comme ce fut le cas dans l'automatisation du travail en usine ou dans le tertiaire. De plus, les tâches de contrôle qui ne sont pas prises en charge par la machine et par le consommateur, mènent à multiplier les postes de vigiles.
Peut-on envisager une action en justice d'un consommateur pour « travail dissimulé » ?
Cette expression juridique a été employée a propos d'une forme spécifique de travail du consommateur : la téléréalité. Selon moi, on peut bien parler de travail concernant les acteurs amateurs dans ce cas.
Ils sont des téléspectateurs qui coproduisent une émission. De là à appliquer cette expression aux autres formes de coproduction… pour l'instant, aucune action collective n'a été intentée contre ces pratiques.
Et à ma connaissance, les associations de consommateurs ne sont pas encore emparées de la question de ce point de vue. Notons que des sites Internet mettent en place des petites rémunérations, au statut incertain, pour attirer les meilleurs contributeurs.
La crainte que ces dispositifs ne mènent à une déshumanisation de la consommation vous semble-t-elle justifiée ?
Il faudrait préciser ce qu'on appelle « déshumanisation ». Le développement technique, par exemple, est tout ce qu'il y a de plus humain ! En outre, l'automatisation n'est pas directement corrélée à la suppression des relations sociales.
Par exemple, dans certains pays, des agents se tiennent près des caisses automatiques pour aider les clients à remplir leur sac. Les relations sociales peuvent être très correctes en dépit, et même grâce aux machines. C'est l'organisation du travail, résultat d'un rapport social, qui encadre la qualité des relations entre les hommes dans ces situations de consommation.
► Le Travail du consommateur de Marie-Anne Dujarier - éd. La Découverte - 246p., 17,10€.
11 mai 2009
L'honorable Denis OBA CHABI au 1er Congrès extraordinaire de l'UFC-Prospérité
Congrès Extraordinaire du parti Union des Forces du Changement pour la Prospérité.
Distingués invités,
Monsieur le Président de l’Union des Forces du Changement pour la Prospérité,
Chers militantes, militants et congressistes,
Vous tenez ce jour, samedi 09 Mai 2009 ici à Parakou votre premier congrès extraordinaire. Cet acte de haute portée témoigne du dynamisme de votre formation politique. La majorité présidentielle plurielle peut légitimement se réjouir de compter en son sein un parti aussi respectueux de ses textes fondateurs et surtout un animateur enthousiaste de notre vie politique nationale.
Soyez-en félicités !
Le CAP-SURU par ma voix vous transmet ses sincères félicitations et est heureux d’appartenir comme vous aux Forces Cauris pour un Bénin Emergent et par delà à la majorité présidentielle plurielle que nous appelons tous de nos vœux.
Comme nous, vous soutenez le Chef de l’Etat dans sa gestion éclairée de notre pays et dans sa volonté de le conduire à l’émergence économique, sociale et politique.
Ô combien vous avez raison !
En trois années d’exercice du pouvoir d’Etat, le Président Boni YAYI a imprimé une marque nouvelle dans la conduite des affaires de l’Etat. Toutes les mesures inédites que son gouvernement a prises en attestent largement. Point n’est besoin de les citer. Nos compatriotes ne les connaissent que trop bien !
Mais nous ne devons pas baisser la garde.
Nous devons, aujourd’hui plus que jamais, soutenir le Président de la République, l’entourer de notre affection et lui dire de tenir bon. Notre peuple lui sera reconnaissant le moment venu de tout ce qu’il fait pour son bonheur.
Je sais, monsieur le Président de l’UFC-Prospérité et chers invités que vous prendrez toute votre part pour assurer la victoire de l’Emergence dont le BENIN a tant besoin. Nous serons à vos côtés pour cette œuvre salutaire pour nos concitoyens et ceci sous la direction volontariste et le leadership politique de son Excellence le Président Boni YAYI.
Restons unis, soudés et mobilisés derrière le Chef de l’Etat pour les échéances électorales qui s’annoncent. Notre victoire est à ce prix.
Le dernier point de mon intervention de ce jour devant vous, chers congressistes, sera de souhaiter pleins succès à vos travaux.
Vive l’Union des Forces du Changement pour la Prospérité !
Vive le CAP-SURU !
Vive les Forces Cauris pour un Bénin Emergent !
Vive l’union de la majorité présidentielle plurielle !
Vive notre patrie le Bénin !
Je vous remercie !
30 avril 2009
Des sans-papiers arrêtés alors qu'ils tentaient de rentrer au pays
Des sans-papiers arrêtés alors qu'ils tentaient de rentrer au pays Par Chloé Leprince | Rue89 | 29/04/2009 | 19H17 Venant d'Italie, ils ont été arrêtés à la frontière franco-espagnole, alors qu'ils retournaient au Maroc. Victimes de la politique du chiffre. On croit parfois que parler de « politique du chiffre », c'est, au choix, théorique, désincarné, militant. Mais, ce mercredi 29 avril, une salariée de la Cimade à Perpignan a fait remonter une histoire qui est tout sauf abstraite. Samedi dernier, le 25, quatre bus en provenance d'Italie ont été interceptés par la police française à hauteur de l'ancien poste frontière du Perthus, à quelques mètres de l'Espagne. A bord, essentiellement des Marocains qui cheminaient vers leur pays d'origine. Tous avaient commencé le voyage en Italie, où ils vivaient. Aucun n'était monté dans le bus sur le territoire français, où ils se contentaient de transiter. Le bus s'apprête à quitter la France mais, ce jour-là, la PAF décide d'intensifier les contrôles d'identité sur l'autoroute. Sur quatre bus, treize Marocains sont débarqués. Ils sont pourtant nantis d'un billet retour à destination du Maroc et ne risquent plus de mettre le pied sur le territoire français puisque la frontière est à quelques mètres. La Cimade, qui agit auprès des migrants, ne se lasse pas de souligner l'absurdité de la chose. Ainsi, cette salariée locale qui hallucine : « Si encore on les avait contrôlés à l'entrée sur le territoire français, en sortant d'Italie, en estimant qu'ils étaient susceptibles de descendre du bus à Marseille ou à Perpignan… Mais là, l'Espagne était à deux mètres, ils n'avaient aucune possibilité de rester en France ! » La France, plus une destination, une zone de transit Sur le papier, ils n'ont pas de titre de séjour valable pour l'espace Shenghen mais, dans les faits, la France n'est plus concernée par leur présence puisque c'est en Italie qu'ils avaient séjourné avant de rentrer au pays. Pourtant, après leur interpellation, les forces de l'ordre les expédient en centre de rétention, après une longue garde à vue. Les treize personnes arrêtées samedi dernier sont toujours en rétention cinq jours plus tard. Un seul, dont le père est gravement malade, a été autorisé à rentrer plus rapidement au Maroc. Pour les autres, « il faudra attendre pas mal de jours car il y a énormément de Marocains dans les CRA en ce moment », estime la Cimade de Perpignan. Ubuesque ? Sans doute, mais pas inédit : au mois de mars, la même salariée de la Cimade avait déjà dénombré 32 cas similaires, rien que pour des ressortissants marocains. Déjà, à l'époque, il s'agissait d'envoyer en rétention des étrangers qui transitaient par la France. La plupart rentraient définitivement chez eux. Pour l'association, il s'agit d'une énième illustration par l'absurde de « la politique du chiffre » : « Phénomènes récurrents, ces arrestations à la frontière franco-espagnole sont utilisées par les préfectures pour atteindre les quotas qui leur sont fixés par le ministère de l'Immigration : une fois le centre de Perpignan parvenu au maximum de sa capacité, un nouveau transfert dans d'autres CRA de la région, à Nîmes par exemple, est imposé aux personnes. Obéissant uniquement à une logique comptable, ce transfert augmente encore le stress et l'humiliation des personnes. » Pour info, les treize Marocains arrêtés le week-end dernier ont tous été reçus par un magistrat, comme le veut la procédure. Lequel a avalisé leur envoi en centre de rétention, y compris lorsque ses interlocuteurs lui affirmaient, titre de transport à l'appui, être sur le chemin du retour. A certains, il a proposé de passer l'éponge et de les relâcher pourvu qu'ils repayent un billet aller simple. Après moult sollicitations et plusieurs allers et retours entre la Préfecture des Pyrénées-Orientales et la PAF locale qui se renvoyaient la balle, Gilles Priéto, secrétaire général de la Préfecture, a finalement confirmé les informations dont Rue89 disposait. Mais tempère tout de même la mobilisation de la Cimade : « Rien ne dit que certains des Marocains interpellés ne se seraient pas arrêtés en Espagne. On peut même être convaincu du contraire. »
29 avril 2009
La France savait ce qui se tramait contre GBAGBO
Tentative de coup à Abidjan : la France du renseignement savait
Par David Servenay | Rue89 | 28/04/2009 | 18H28
Un film de Capa montre comment Alain Juillet, ex de la DGSE, a suivi de près l'opération « Noël à Abidjan », qui a viré au fiasco.

Bientôt 500 jours qu'un journaliste français croupit en prison en Côte d'Ivoire. Fasciné par les services spéciaux, à la fois courageux et inconscient, Jean-Paul Ney s'est fourvoyé dans une tentative de coup d'Etat dont il pensait faire le scoop de l'année.
L'opération « Noël à Abidjan » a viré au fiasco. La chaîne Planète diffuse une enquête accablante de Capa sur son déroulement, suivi de près par les services de renseignements français, notamment le responsable de l'Intelligence économique, Alain Juillet. Récit.
Certaines coïncidences stimulent la curiosité. Mercredi 22 avril, Alain Juillet confirme au Point son départ du poste de Haut responsable en charge l'Intelligence économique. Cette annonce « officielle » est ainsi justifiée par l'intéressé :
« Avant même l'élection du président Sarkozy, j'avais indiqué que la fonction que j'occupe depuis décembre 2003 doit évoluer, sans doute en changeant les structures. Une décision en ce sens a été prise et je n'attends que le décret mettant fin à mes fonctions. »
Coïncidence, le soir même, Planète diffuse une longue (1h49) enquête de l'agence Capa sur l'opération « Noël à Abidjan » où plusieurs figures du renseignement français -dont Alain Juillet- sont mises en cause.
Jean-Paul Ney, journaliste le jour, aventurier la nuit…
L'affaire n'a pas fait grand bruit. Elle vaut pourtant à Jean-Paul Ney, 32 ans, d'être incarcéré à la MACA (maison d'arrêt et de correction d'Abidjan) depuis le 27 décembre 2007, date de son arrestation par le Cecos (Centre de commandement des opérations de sécurité).
Le régime de Laurent Gbagbo estime avoir à faire à une tentative de coup d'Etat, dont Ney serait l'un des protagonistes. Le tout, sous la houlette d'une petite troupe de mercenaires français. En pleine phase de normalisation des relations franco-ivoiriennes, l'affaire fait désordre.
D'autant que Jean-Paul Ney a le profil parfait du journaliste barbouzard. Fasciné par les forces spéciales, auteur de plusieurs ouvrages sur le terrorisme, les commandos, le FBI et la cybercriminalité, ce photographe free-lance est connu dans les rédactions pour ses coups souvent tordus. A tel point que même Reporters sans frontières prend ses distances.
Le film des préparatifs avec un « agent » de la DGSE
Comme le montre l'enquête de Capa, la réalité est plus complexe. Jean-Paul Ney a bien suivi les préparatifs d'un « coup », dans lequel est impliqué le sergent IB, Ibrahim Coulibaly, ex-rebelle ivoirien réfugié au Bénin. Dans les images tournées par Ney, le sergent IB apparaît au côté d'un homme qui se présente comme étant de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure). Cet homme, Jean-François Cazé, est le stratège du coup d'Etat, son organisateur en chef. (Voir la vidéo)
Dans les semaines qui suivent l'échec de « Noël à Abidjan », Jean-François Cazé approche à plusieurs reprises les journalistes de Capa pour médiatiser l'affaire en accablant Jean-Paul Ney. Libre de ses faits et gestes, vivant à Paris, Cazé agit, en apparence, pour le compte des Ivoiriens. Mais, il a aussi eu de très nombreux contacts avec des officiels français.
L'enquête des journalistes ne conclut pas de manière définitive sur la nature du coup. S'agit-il :
- D'une tentative française de coup d'Etat contre le régime Gbagbo ?
- D'un contre-coup d'Etat pour sauver le même Laurent Gbagbo ?
- Ou encore d'une vaste escroquerie pour plumer quelques opposants africains et/ou Gbagbo ?
Dans cet imbroglio, Jean-Paul Ney affirme aussi qu'il a été balancé aux Ivoiriens par Jean-François Cazé. (Voir la vidéo)
Des commanditaires mystérieux, mais certains responsables français sont au courant
Quant à l'identité des commanditaires de ce « coup », elle reste tout aussi floue. Dans le documentaire, un M. Rouge et un M. Kaki sont désignés comme étant les officiers traitants réguliers de Jean-François Cazé. D'anciens officiers du renseignement français, à qui Cazé rapporte en permanence l'évolution de la situation. Ils ne sont pas nommés dans le film, mais sont facilement identifiables.
L'un de ces deux « traitants » -en l'occurrence M. Rouge- est… Alain Juillet. Jean-Paul Ney l'a affirmé le 23 mars 2009, sur LCI, lors d'un entretien par téléphone, en direct depuis la Maca :
« Je pense qu'on m'a oublié pendant un an. Je n'en veux à personne. Je pense que c'était très compliqué de démêler les fils, c'est un sac de nœuds, un panier de crabes. Il y a une équipe d'une chaîne concurrente qu'on ne va pas citer qui est en train de préparer un documentaire depuis un an.
« Le Français qui m'a accompagné ici, le mercenaire Jean-François Cazé, était en rapport constant avec Alain Juillet, qui est l'ancien haut responsable de l'Intelligence économique et il y a un réseau qui a monté quelque chose. Et je pense que ce Jean-François Cazé, ce mercenaire, a pris de l'argent à Ibrahim Coulibaly, il a pris de l'argent à Laurent Gbagbo aussi… »
Alain Juillet (ex-directeur du renseignement et donc numéro 2 de la DGSE) dément toute responsabilité dans cette affaire. Il nous a répondu ainsi à la question « quelles sont les raisons de votre départ de votre poste ? celui-ci a-t-il un lien avec l'affaire Jean-Paul Ney ? » :
« C'est complètement absurde et je ne sais pas qui a pu lancer une pareille stupidité. Il suffit de savoir comment s'est préparé depuis des mois mon remplacement dans le cadre d'une modification de la structure de ma mission d'intelligence économique pour le comprendre. »
D'autres haut fonctionnaires français, notamment des diplomates en poste en Côte-d'Ivoire, ont su, bien avant l'arrestation de Jean-Paul Ney, que d'étranges préparatifs allaient animer ce Noël 2007 à Abidjan. Où l'on voit que les pieds nickelés ne sont pas forcément ceux que l'on imagine. Quant à Jean-Paul Ney, il attend toujours sa remise en liberté, suspendue au bon vouloir des relations franco-ivoiriennes.
► Manipulations sous haute tension - Documentaire de Jean-Paul Billault, Emmanuel Razavi et Jean-Pierre Canet, Planète - Rediffusion vendredi 24 avril à 13h35, jeudi 30 avril à 13h30, lundi 4 mai à 22h15, mardi 12 mai à 13h45, samedi 16 mai à 14 heures.
22 avril 2009
Rodrigue ABOUA REPRESANTANT O.C.D AUX JOURNEES DE L'ETUDIANT SHABE D
Journée de l’Etudiant Shabe (JES 2009) Abomey- Calavi ce mercredi 22 avril 2009 Distingués invités, Mes chers amis étudiants de l’aire culturelle shabè, Je me réjouis d’être parmi vous ce matin à la deuxième édition de vos journées culturelles. Je suis fier de vous voir mobilisés pour défendre ce que nous avons de commun : notre culture shabè ! Je suis plus qu’heureux de constater que vous êtes les jeunes et dynamiques ambassadeurs de cette riche culture. Les différentes danses qui seront exécutées tout au long de cette journée montrent la diversité de cette culture que beaucoup de nos compatriotes découvriront avec plaisir. Je n’oublierai pas de dire que je suis particulièrement honoré de prendre la parole devant vous qui êtes l’avenir de notre Nation. Même si notre Constitution refuse tout mandat impératif, je me considère comme le représentant ou un des représentants de l’aire culturelle shabè à l’Assemblée Nationale. En cette circonstance spéciale, laissez-moi vous dire ma conviction profonde. La jeunesse est le fer de lance de tout pays. Et à ce titre, elle doit être soutenue, encouragée, orientée et écoutée. Ma porte, vous le savez, sera toujours ouverte pour vous aider à faire vivre vos espérances et à vous tracer le chemin d’avenir que vous méritez. Pour atteindre le noble objectif de répondre aux légitimes aspirations de notre jeunesse, nous avons besoin de chacun de vous. Nous avons besoin d’une jeunesse responsable. Je vous invite donc à plus de sérieux et de détermination dans vos études. Soyez unis car c’est dans l’unité que les grandes et belles choses se construisent. Notre frère, le Président de la République, son excellence Boni YAYI, est soucieux du devenir de la jeunesse. Vous connaissez ses nombreuses actions au profit de la couche juvénile. Je n’y reviens pas ! Nous devons l’accompagner dans sa mission avec toute la détermination dont nous sommes capables. Mobilisons-nous pour l’aider dans cette formidable entreprise : celle de conduire notre pays à l’émergence. Je sais pouvoir compter sur vous pour réussir le pari de la prospérité partagée. Votre dynamisme, votre soutien sans faille seront des atouts précieux le moment venu pour les batailles électorales qui nous attendent. Je ne serai pas plus long. Je vous souhaite beaucoup de succès pour les différentes manifestations que vous avez programmées. Bonne chance dans votre vie d’étudiants. Vive l’aire culturelle shabè ! Je vous remercie.
21 mars 2009
Rodrigue ABOUA représentant le Pdt du CAP-SURU au Conseil National de l'UDS
DISCOURS LORS DU CONSEIL NATIONAL DE L’USD
PARAKOU le samedi 21 MARS 2009
Honorables invités,
Mesdames et messieurs les militantes et militants du l’USD,
Monsieur le Président,
Les architectes de notre renouveau démocratique ont inscrit dans notre Constitution en son cinquième article que les partis politiques sont les véritables animateurs de notre vie politique nationale.
Je me réjouis donc ce jour de voir un parti politique : l’Union pour la Démocratie la Solidarité Nationale
Mes chers amis,
Vous savez, nous abordons l’avant-dernière ligne droite vers des échéances électorales capitales pour le devenir de notre pays.
Il y a exactement 3 ans, le 19 mars 2006, le peuple béninois dans son immense majorité portait ses suffrages à 75% sur notre candidat le Docteur Boni YAYI.
Votre parti comme le mien, a été un des grands artisans de cette victoire historique et inédite dans l’histoire politique de notre pays. Soyez-en félicités.
Je vous adresse aussi mes sincères félicitations pour votre soutien sans faille à la volonté du Président de la République
Je voudrais saluer ici personnellement, le Premier d’entre vous, votre bien-aimé Président, Monsieur SACCA LAFIA pour son rôle auprès du Dr Boni YAYI d'abord en tant que Député puis aujourd'hui comme Ministre de l’énergie et de l’eau.
Je disais à l’instant que nous sommes à la croisée des chemins. Nous sommes à un moment politique où la machine doit être relancée pour que notre mobilisation ne s’émousse pas.
C’est ce qui explique la masse de militants et amis politiques rassemblés en cette salle de l’alphabétisation de PARAKOU.
C’est précisément ici le moment pour moi de formuler un vœu.
Honorables invités,
J’ai la conviction, que dis-je, l’intime conviction que rien de grand ne se fait en politique sans un vaste rassemblement.
C’est donc le lieu pour moi d’appeler de mes vœux, le rassemblement le plus large possible de tous ceux qui sont convaincus, comme vous et moi, que le Bénin n’a pas d’autre choix que d’aller vers l’émergence prônée par le Président Boni YAYI.
Cette démarche de rassemblement et d’unité de tous les partisans du Chef de l’Etat dans un creuset unique, qui respecte chacun dans sa spécificité, est un impératif à mes yeux.
C’est le moyen le plus pragmatique pour transcender nos particularités subjectives et assurer la victoire de notre camp.
Car face aux difficultés qui surgiront sur notre irréversible marche vers la victoire, « la seule chose dont nous avons à avoir peur, c’est la peur elle-même » pour paraphraser le Président américain Franklin Delano ROOSEVELT.
N’ayons donc pas peur.
Restons donc unis.
Allons de l’avons, avec une détermination plus grande à faire de notre pays, un modèle démocratique, économique et social.
Tels sont les idéaux de votre parti qui cadrent parfaitement avec l’action au quotidien du Dr Boni YAYI au service de notre cher pays, le Bénin.
Nous avons, sous sa conduite, l’occasion par excellence de faire du Bénin une grande nation moderne et prospère.
Tenons-nous donc prêts.
Je sais que le moment venu nous serons là, vous et nous, pour poursuivre le chemin que nous a tracé le Président de la République
C’est avec cette foi en l’avenir que j’achève mon discours de ce jour devant vous.
Je vous dis tout mon soutien et vous souhaite beaucoup de courage et bonne chance au cours de vos travaux.
En avant pour de nombreuses et capitales victoires électorales ensemble.
Vive l’Union pour la Démocratie la Solidarité Nationale.
Vive Le CAP-SURU.
Vive Les Forces Cauris Pour un Bénin Emergent.
Vive l’union de tous les partis de la Mouvance Présidentielle.
Vive la République.
Vive le Bénin.
Je vous remercie.
06 mars 2009
Denis OBA CHABI AU Congrès constitutif du P.E.S.D
DISCOURS DE L’HONORABLE DENIS OBA CHABI LORS DU CONGRES DE FONDATION DU P.E.S.D
Monsieur le Président DASSOUNDO, mon très cher ami,
Mesdames, messieurs les distingués invités venus des quatre coins de notre pays,
Mesdames et messieurs les militants et militantes,
Je suis particulièrement heureux d’être ce jour, vendredi 06 Mars 2009, dans cette belle et historique ville de Dassa-Zoumè.
Je suis, à plus d’un titre, honoré et fier d’être parmi vous aujourd’hui.
[Je viens d’abord de SAVE, en voisin, député de cette 10è circonscription électorale si proche de la vôtre.]
[De plus,] nul n’ignore la profonde amitié qui me lie au Président André DASSOUNDO. Je me devais donc d’être ici, dans sa ville, en cette circonstance politique exceptionnelle qui nous rassemble autour de l’idéal démocratique que prône notre cher frère, le Président Thomas Boni YAYI.
Un illustre écrivain et homme politique français nous apprend que « lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris ».
Un enfant, que dis-je, un grand et vaillant garçon nous est né aujourd’hui avec 32 dents bien comptées. Je veux parler du Parti pour l’Egalité, la Solidarité et la Démocratie (PESD).
Je vous invite à vous joindre à moi pour applaudir, d’après une tradition bien établie, à grands cris, à cette naissance qui nous comble de joie.
Oui, nous sommes heureux et fiers d’accueillir dans la grande famille des Forces Cauris pour un Bénin Emergent, le PESD.
Le CAP-SURU, par ma voix vous adresse, Monsieur le Président et vous chers militants et militantes, ses sincères félicitations.
La Constitution que notre République s’est librement donnée le 11 Décembre 1990, nous enseigne en son article 5 que les partis politiques sont les véritables animateurs de notre vie politique.
Nous comptons donc sur cette nouvelle formation politique que vous portez sur les fonts baptismaux ce jour, pour qu’elle occupe toute la place qui sera la sienne et joue son rôle dans la construction d’un Bénin véritablement démocratique, économiquement prospère et socialement plus juste.
Monsieur le Président,
Honorables invités,
Chères militantes et chers militants,
Cette circonstance heureuse n’est pas propice aux longs discours. Il ne me reste par conséquent, qu’à vous souhaiter plein succès à vos travaux et surtout beaucoup de détermination dans votre vie militante au service de notre nation le BENIN.
En avant pour de nombreuses et éclatantes victoires politiques !
Vive le PESD !
Vive le CAP-SURU !
Vive la FCBE !
Vive le BENIN !
Je vous remercie pour votre militante attention.
15 janvier 2009
Vous voulez un vrai-faux passeport? Mode d'emploi!
Comment on fabrique de vrais-faux papiers dans les arrière-cuisines du Milieu
Paperasserie / jeudi 15 janvier par Xavier Monnier, Henri Raque, Pepsi POMPILIDAE
Nul besoin d’être grand clerc pour obtenir un passeport sous une fausse identité, et dûment tamponné par la préfecture !
C’est ce qu’ont découverts, mi-effrayés, mi-amusés, juges, pandores et flicaille qui ont enquêté sur un dossier à tiroir pour escroquerie, faux en écriture privée, etc… ouverte au printemps 2006 au pôle financier du parquet de Paris par Jean-Christophe Hullin. Le personnage central de ces trafics, Bernard Pradier s’est surtout fait une spécialité d’obtenir de vrai-faux papiers, tamponnés en préfecture. Denrée fort précieuse tant pour les petits escrocs que pour les grands bandits désireux pour semer les cerbères déplaisants de l’Etat. La pierre philosophale du Milieu.
A lire l’épais dossier d’instruction, la méthode de Pradier tient quasi de l’alchimie. Tout d’abord une équipe réduite et « bien connue des services de police », selon l’expression consacrée. Un faussaire, Gérard Maday – au « taux d’alcoolémie permanent », note une mauvaise langue du Milieu –, et un rabatteur Toussaint Casanova, dit « le Parisien ».
© Nardo
Au postulant, un petit pécule est demandé. Entre 5 et 10 000 euros, au bas mot. Selon un argumentaire bien huilé, cette contribution est nécessaire pour appâter le réseau corse, forcément corse, que Pradier et ses acolytes font mine d’entretenir dans les préfectures et les mairies. Est alors remis au futur titulaire de faux-papiers un dossier, concocté par un informaticien véreux, à remplir :
– Extrait d’actes de naissance sur une simple page format A4 inventé de toutes pièces.
– Justificatif de domicile : Facture EDF toute aussi fausse avec une adresse correspondant à l’implantation géographique de l’administration choisie. Il est amusant de constater que même les adresses étaient quelquefois inexistantes !!!
– Une photocopie boiteuse d’un permis de conduire tout aussi fictif, au nom inventé.
Fort astucieux procédé. L’aspirant réalise lui-même la déclaration de perte de tous ses papiers, dépose le dossier assorti des photos et des timbres fiscaux, en ayant bien mémorisé sa nouvelle identité et persuadé qu’il a rendez-vous avec un complice, accomplit ses démarches sereinement. Là réside toute la force de l’arnaque : les postulants à la virginité se précipitent, le bouche à oreille fonctionnant à merveille dans le mitan, car ils ont la certitude d’être couvert par un membre de ce réseau fantoche.
Une dizaine de jours après, le dernier volet de cette mystification est mis en place : Pradier fait appeler le client afin qu’il prenne livraison de sa nouvelle identité, réaffirmant ainsi sa maîtrise sur son supposé réseau. En fait, ce mystificateur attend le délai normal, ayant contacté auparavant le service des passeports en se faisant passer pour le titulaire et retirer lui-même ses papiers.
Du bel ouvrage, rendu possible par un secret de l’administration fort bien gardé. Les documents remis ne sont quasi-jamais vérifiés. Trop de demandes, pas assez de personnel.
L’union fait la Corse
Et entre les épaisses liasses du dossier d’instruction, apparaissent de cocasses remarques des poulets. Par exemple, qu’il « appert que le 34 rue d’Amiens, à Rouen n’existe pas », s’étonne un capitaine de police, sur un PV daté du 6 juillet 2007. Adresse pourtant inscrite sur un passeport tout ce qu’il y a « d’authentique » et délivré par la préfecture…
Voyager sans peur des contrôles, passer la douane, ouvrir un compte en banque, être gérant de société, louer des entrepôts, obtenir des crédits… Autant de possibilités plus grisantes pour l’imagination sans limites du fugitif. Cerise sur le gâteau, on se choisit son patronyme, sa date de naissance et sa filiation… Une nouvelle vie !
Un vrai rêve éveillé pour les héros du grand banditisme. Filon que, selon de menues indiscrétions récoltées au sein du Milieu, Bernard Pradier a pris grand soin d’exploiter. À l’instar des Fédéricci, les bergers-braqueurs de Venzolasca, l’une des bandes corses les plus redoutées. Mêlée à la tuerie de la brasserie des marronniers et à l’affaire du cercle de jeux Concorde, cette aimable troupe a largement bénéficié des talents de Pradier. Recherché pour meurtre dès avril 2006, le chef du clan Ange-Toussaint Fédéricci, n’a été serré que le 12 janvier 2007. Et quoique peu bavard, le bonhomme a tout de même voulu rendre un hommage appuyé à son faussaire. « Pradier fait des papiers, ce sont des bijoux », clame-t-il devant lors d’une audition devant un juge marseillais le 14 septembre 2007. Mignon.
Las, le succès facile monte souvent à la tête. Le saint-Bernard, comme l’attestent les nombreuses écoutes que Bakchich a pu consulter, ne prenait guère la peine de masquer son petit commerce. Mis au frais d’avril 2007 à l’été 2008, Bernard le Corse, quoique libéré, se fait, depuis, fort discret. D’autant qu’une cascade d’arrestations, notamment dans le clan des Fédéricci, en Corse et sur le continent, ont été effectuées depuis que les poulets ont remonté sa piste au printemps 2007… et celles de ses vrais-faux passeports.
Le bouche à oreille fonctionne dans les deux sens. Le Mitan ne va pas lui pardonner… Et l’administration non plus, pour avoir éventé son secret.
09 janvier 2009
Un bébé israélien nommé... HAMAS!
Pourquoi Israël a aidé le Hamas à se développer
Elevage / vendredi 9 janvier par Anne Giudicelli
En guerre totale contre le Hamas, Israël a pourtant aidé ce mouvement à monter en puissance, comme l’indique un rapport de la DGSE. Jusqu’à ce que la « créature » leur échappe, comme le montre un second document d’un centre d’études israélien sur le terrorisme.
On l’oublierait presque, tant le spectacle terrible des salves continues de bombardements déclarés « ciblés » et son lot de victimes « collatérales » glace le sang et fige dans le même temps la mémoire. Un rapport de la DGSE que Bakchich a exhumé vient pourtant le rappeler : sans l’aval d’Israël, le Hamas n’aurait jamais pu s’implanter dans les territoires palestiniens. Pis : sa montée en puissance doit beaucoup aux faucons israéliens, qui ont trouvé dans le mouvement islamiste palestinien leur meilleur allié pour torpiller les accords de paix conclus entre les « modérés » des deux bords. Jusqu’à ce que leur « créature » commence à leur échapper…
© Pakman
Et pas besoin d’être un service de renseignement opérationnel pour le savoir et le faire savoir. Non classifié, le document des services français daté d’avril 2002 est intitulé « Mouvements islamistes radicaux palestiniens – tome 1 : le Hamas ». De quelques 140 pages, il « ne saurait refléter l’analyse de la DGSE sur cette organisation », comme les auteurs l’indiquent en introduction. Il n’empêche : sous couvert des différentes sources ouvertes ou semi-ouvertes — presse arabe, publications spécialisées occidentales de défense, rapports des services israéliens et sud africains — que ce rapport affirme se contenter de compiler, les services français, de fait, valident en le restituant ce secret oublié de la vraie histoire du mouvement palestinien, aujourd’hui classé dans la catégorie des organisations terroristes.
1979 : Israël reconnaît et autorise le Hamas
Originellement issu de la mouvance des Frères Musulmans, le Mouvement de la Résistance islamique (Hamas) s’implante dans ce cadre en 1973 à Gaza. Dans un premier temps sous la forme d’une association cultuelle (Centre islamique), dirigée par feu Cheikh Ahmed Yassine. Cette structure est « reconnue et autorisée par Israël en 1979 », indique le rapport français car ce courant religieux « est considéré comme un antidote à la montée du nationalisme palestinien », alors incarné par l’OLP (Organisation pour la Libération de la Palestine) de (feu) Yasser Arafat, considéré alors comme le pire ennemi de l’Etat hébreu.
A la faveur de la première Intifada dans les territoires en décembre 1987, le Hamas annonce sa création. Dès lors, « les Israéliens encouragent le Hamas en tant que pendant religieux de l’OLP [laïque et nationaliste, NDLR] » qu’ils veulent « affaiblir ». La stratégie vise à « inciter au conflit armé » entre les deux organisations et « créer ainsi une guerre civile palestinienne ». L’Etat hébreu « commet l’erreur de croire qu’avec le Hamas, les Palestiniens seraient occupés à se battre entre eux au lien de lutter contre Israël ». Raté, car les deux camps palestiniens, « conscients des visées israéliennes, ont tôt fait de signer une charte régissant leurs rapports » fixant des lignes rouges à leurs divisions.
1989 : le Hamas déclaré illégal par Israël
Si la nouvelle organisation, à laquelle Israël laisse champ libre, « se concentre sur les œuvres religieuses et caritatives », elle fonde dans la foulée « son aile militaire, les Brigades Ezzedine Al-Qassam », concentrée sur la lutte contre l’occupant. Déclaré cette fois illégal par Israël en septembre 1989, le Hamas se voit décapité politiquement… « mais pas militairement ». Avec les accords d’Oslo de 1993, qui établissent les premières bases d’un processus de négociations entre l’OLP et Israël sous médiation américaine, la droite israélienne [Likoud et fondamentalistes], « avec une partie des services secrets et de défense israéliens », qui s’y opposent, estimant qu’Israël a trop à y perdre, trouve un nouvel avantage à utiliser le Hamas, qui rejette également ces accords : celui de servir d’« alibi » pour faire échouer les accords de paix.
Après les attentats du 11 septembre 2001, « la communauté internationale, et notamment les Etats-Unis, multiplient les pressions contre Arafat pour qu’il accepte de liquider le Hamas » dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. A l’appel du dirigeant de l’OLP, le Hamas, suivi du Jihad Islamique, acceptent de cesser « jusqu’à nouvel ordre les attentats suicides et les tirs d’obus de mortiers sur des cibles israéliennes ». Les services de sécurité israéliens s’étaient d’ailleurs fourvoyés sur ce point, apprend-on, en croyant que « les attentats suicides ne pouvaient être commis que par des activistes chiites libanais et que la mouvance radicale sunnite palestinienne était réticente à ce genre d’opération ».
Mais la trêve est rompue à la suite de confrontations entre le Hamas et des militaires israéliens à la frontière sud d’Israël en janvier 2002. Non sans arrière-pensées, Israël venait d’autoriser Yasser Arafat à « procéder aux arrestations d’activistes exigées par les Israéliens » qui figurent sur la liste qui lui a été transmise. Rien de mieux pour « faire passer la police palestinienne comme supplétive des Israéliens »…
L’assassinat du Cheikh Yassine en 2004
Pour autant, Israël n’abandonne pas sa politique d’élimination ciblée de cadres et militants du Hamas. Plutôt que de « réduire la violence , constate le rapport, celle-ci ne fait que la décupler par la spirale assassinat-ripostes et attentats ». Ce qui a pour effet direct de bloquer l’avancée des négociations. Le leader spirituel du Hamas, Cheikh Yassine, en fera d’ailleurs les frais en mars 2004, en étant assassiné — période que ne couvre pas ce document, finalisé avant — quand il a commencé à engager son mouvement vers la recherche d’un compromis : il devenait un vrai danger…
Soutenu d’abord pour affaiblir le « terrorisme » anti-israélien des mouvements nationalistes palestiniens, puis pour contrecarrer la dynamique de paix portant un coup au projet du Grand Israël prôné par la droite conservatrice, le Hamas a su en tirer parti et développer son propre agenda. Tout en restant « utile » : le « monstre » qu’il serait depuis devenu, tel que le décrivent aujourd’hui les experts israéliens a de quoi faire trembler. Il sert cette fois à justifier la violence des offensives israéliennes actuelles.
Dans un rapport réactualisé en avril 2008, l’International Institute for Counter-Terrorism (ICT) israélien, lié à Tsahal et aux services secrets israéliens, détaille un arsenal impressionnant dont se serait encore doté le Hamas depuis le retrait des troupes israéliennes de la bande de Gaza en 2005 et sa prise de pouvoir en 2006 : des douzaines de roquettes (Grad) capables d’atteindre une distance de 20,4 km, autant de missiles anti-chars, anti-aériens, des fusils-mitrailleurs et des milliers de roquettes RPG.
Le Hamas capable de produire ses propres missiles
Le Hamas compterait dans ses rangs quelques « 15 000 opérationnels », dont un grand nombre formé par la Syrie – où le mouvement est implanté - et l’Iran. Ces deux pays fournissent au mouvement une partie de son armement, transfert de technologie compris, et de ses fonds, lesquels transitent par les tunnels traversant la frontière égyptienne. Au sein de ses ateliers clandestins, le Hamas produit par ailleurs sa propre artillerie de missiles – les Qassam – dont les derniers modèles peuvent atteindre une distance de 19 km, selon le document de l’International Institute for Counter-Terrorism.
Le succès du Hezbollah contre Israël pendant la guerre au Liban de l’été 2006 constitue, toujours selon ce rapport, « un modèle à suivre » en matière de confrontation asymétrique pour le Hamas, qui s’en inspirerait pour contrer les offensives israéliennes. Parmi ces techniques, « le large recours au bouclier humain » dans les zones à forte densité urbaine, avec « des activistes déguisés en civils qui se mêlent à la foule », qui peuvent également compter sur la complicité de la population qui « l’aide en se rassemblant sur des sites où des attaques de Tsahal sont attendues »… Pratique pour justifier des bombardements sur des écoles, comme celles de l’ONU le 6 janvier à Gaza qui a fait une quarantaine de morts.
31 décembre 2008
Le dernier discours de Martin Luther KING Jr
Martin Luther King, Jr
"I've Been to the Mountaintop"
delivered 3 April 1968, Mason Temple
(Church of God in Christ Headquarters), Memphis, Tennessee

Contexte
Martin Luther King Jr. felt poorly the night he delivered this speech, the last one of his life. The venue was a mass meeting held in the Bishop Charles Mason Temple Church of God. Andrew Young, who was with him at the time, said King initially decided not to speak at all that night. King and his small entourage - including Ralph Abernathy, Jesse Jackson, and Benjamin Hooks - had led a march that day protesting low pay for black garbage collectors in Memphis. A rainstorm was gathering. King decided he was too sick to preach. He asked his best friend, Abernathy, to speak instead.1
Once in the church, Abernathy felt King would have to speak to the crowd, so he phoned King and asked him to come down. Abernathy promised that he would still do the preaching; King would just have to say a few words. Abernathy spoke for more than half an hour, his words energizing the crowd. That called up the spirit in Reverend King, and he spoke that night without a single note in hand.2
In a speech Benjamin Hooks delivered a decade after King's death (also featured in this anthology), he recalled King's final sermon: "I remember that night when he finished, he stopped by quoting the words of that song that he loved so well, 'Mine eyes have seen the glory of the coming of the Lord.' He never finished. He wheeled around and took his seat and to my surprise, when I got a little closer, I saw tears streaming down his face. Grown men were sitting there weeping openly because of the power of this man who spoke on that night."
King had warned in previous sermons that he might die before the struggle ended. It was not the first time he told listeners he'd "seen the promised land." King had been living with death threats for years. No one in King's circle thought this was his final address. Later, Young wrote: "Did [King] know? He always knew some speech would be his last. Was he afraid? Not on your life!"
Young said the next day was one of King's happiest. "Surrounded by his brother, his staff and close friends of the movement," Young wrote, "he laughed and joked all day until it was time to go to dinner at 6 PM."3 King stepped onto the balcony of his room at the Lorraine Motel, checking the weather to decide whether to bring a coat. As he leaned over the railing, talking with Jesse Jackson and others below, King was fatally shot.4
Martin Luther King Jr. was born on January 15, 1929, in Atlanta, Georgia. His father, "Daddy King," was a pastor at Ebenezer Baptist Church, a self-made businessman, and an early civil rights activist. He founded the Atlanta branch of the NAACP and fought for equal pay for Atlanta's black teachers. King's mother had a college degree. King grew up in a comfortable, middle-class home. He delivered his first sermon at the age of eighteen; his father had ordained him as a minister just days earlier. King graduated from Morehouse College when he was nineteen years old and went on to study at Crozer Theological Seminary just outside Philadelphia. In 1951, he began his doctoral work at Boston University's theology school, and in 1954 King and his new wife, Coretta Scott, moved to Montgomery, Alabama, where he was appointed pastor of Dexter Avenue Baptist Church. On December 2, 1955, a day after Rosa Parks was arrested for refusing to give up her seat on a bus to a white man, King led a mass meeting in his church. Almost overnight, he became the spiritual leader of the modern civil rights movement.5
1. Andrew Young, "Introduction to 'I've Been to the Mountaintop,'" in A
Call to Conscience: The Landmark Speeches of Dr. Martin Luther King,
Jr., ed. Clayborne Carson and Kris Shepard (New York: Warner Books,
2001), 201-5.
2. David J. Garrow, Bearing the Cross: Martin Luther
King, Jr., and the Southern Christian Leadership Conference (New York:
William Morrow and Co., 1986), 620; Young, "Introduction," 204.
3. Young, "Introduction," 204.
4. Earl Caldwell, "Martin Luther King Is Slain in Memphis," New York
Times, 5 April 1968, reprinted in Reporting Civil Rights, 645-50;
Garrow, Bearing the Cross, 623.
5. Sina Dubovoy, Civil Rights Leaders, 113-29.
http://americanradioworks.publicradio.org/features/sayitplain/mlking.html
Texte du discours.
Thank you very kindly, my friends. As I listened to Ralph Abernathy
and his
eloquent and generous introduction and then thought about myself, I wondered who
he was talking about. It's always good to have your closest friend and associate
to say something good about you. And Ralph Abernathy is the best friend that I have in the
world. I'm delighted to see each of you here tonight in spite of a storm
warning. You reveal that you are determined to go on anyhow.
Something is happening in Memphis; something is happening in our world. And you
know, if I were standing at the beginning of time, with the possibility of
taking a kind of general and panoramic view of the whole of human history up to
now, and the Almighty said to me, "Martin Luther King, which age would you like
to live in?" I would take my mental flight by Egypt and I would watch God's
children in their magnificent trek from the dark dungeons of Egypt through, or
rather across the Red Sea, through the wilderness on toward the promised land.
And in spite of its magnificence, I wouldn't stop there.
I
would move on by Greece and take my mind to Mount Olympus. And I would see
Plato, Aristotle, Socrates, Euripides and Aristophanes assembled around the
Parthenon. And I would watch them around the Parthenon as they discussed the
great and eternal issues of reality. But I wouldn't stop there.
I would go on, even to the great heyday of the Roman Empire. And I would see
developments around there, through various emperors and leaders. But I wouldn't
stop there.
I would even come up to the day of the Renaissance, and get a quick picture of all that the Renaissance did for the cultural and aesthetic life of man. But I wouldn't stop there.
I would even go by the way that the man for whom I am named had his habitat. And I would watch Martin Luther as he tacked his ninety-five theses on the door at the church of Wittenberg. But I wouldn't stop there.
I would come on up even to 1863, and watch a
vacillating President by the name of Abraham Lincoln finally come to the
conclusion that he had to sign the Emancipation Proclamation. But I wouldn't
stop there.
I would even come up to the early thirties, and see a man grappling with the
problems of the bankruptcy of his nation. And come with an eloquent cry that
we
have nothing to fear but "fear itself."
But I wouldn't stop there.
Strangely enough, I would turn to the Almighty, and say, "If you allow me to live just a few years in the second half of the 20th century, I will be happy."
Now that's a strange statement to make, because the world is all messed up. The nation is sick. Trouble is in the land; confusion all around. That's a strange statement. But I know, somehow, that only when it is dark enough can you see the stars. And I see God working in this period of the twentieth century in a way that men, in some strange way, are responding.
Something is happening in our world. The masses of people are rising up. And wherever they are assembled today, whether they are in Johannesburg, South Africa; Nairobi, Kenya; Accra, Ghana; New York City; Atlanta, Georgia; Jackson, Mississippi; or Memphis, Tennessee -- the cry is always the same: "We want to be free."
And another reason that I'm happy to live in this period is that we have been
forced to a point where we are going to have to grapple with the problems that
men have been trying to grapple with through history, but the demands didn't
force them to do it. Survival demands that we grapple with them. Men, for years
now, have been talking about war and peace. But now, no longer can they just
talk about it. It is no longer a choice between violence and nonviolence in this
world; it's nonviolence or nonexistence. That is where we are today.
And also in the human rights revolution, if something isn't done, and done in a
hurry, to bring the colored peoples of the world out of their long years of
poverty, their long years of hurt and neglect, the whole world is doomed. Now,
I'm just happy that God has allowed me to live in this period to see what is
unfolding. And I'm happy that He's allowed me to be in Memphis.
I can remember -- I can remember when Negroes were just going around as Ralph has
said, so often, scratching where they didn't itch, and laughing when they were
not tickled. But that day is all over. We mean business now, and we are
determined to gain our rightful place in God's world.
And that's all this whole thing is about. We aren't engaged in any negative
protest and in any negative arguments with anybody. We are saying that we are
determined to be men. We are determined to be people. We are saying -- We are
saying that we are
God's children. And that we are God's children, we don't have to live like we are forced to live.
Now, what does all of this mean in this great period of history? It means that
we've got to stay together. We've got to stay together and maintain unity. You
know, whenever Pharaoh wanted to prolong the period of slavery in Egypt, he had
a favorite, favorite formula for doing it. What was that? He kept the slaves
fighting among themselves. But whenever the slaves get together, something
happens in Pharaoh's court, and he cannot hold the slaves in slavery. When the
slaves get together, that's the beginning of getting out of slavery. Now let us
maintain unity.
Secondly, let us keep the issues where they are. The issue is injustice. The
issue is the refusal of Memphis to be fair and honest in its dealings with its
public servants, who happen to be sanitation workers. Now, we've got to keep
attention on that. That's always the problem with a little violence. You know
what happened the other day, and the press dealt only with the window-breaking.
I read the articles. They very seldom got around to mentioning the fact that one
thousand, three hundred sanitation workers are on strike, and that Memphis is
not being fair to them, and that Mayor Loeb is in dire need of a doctor. They
didn't get around to that.
Now we're going to march again, and we've got to march again, in order to put
the issue where it is supposed to be -- and force everybody to see that there
are thirteen hundred of God's children here suffering, sometimes going hungry,
going through dark and dreary nights wondering how this thing is going to come
out. That's the issue. And we've got to say to the nation: We know how it's coming
out. For when people get caught up with that which is right and they are willing
to sacrifice for it, there is no stopping point short of victory.
We aren't going to let any mace stop us. We are masters in our nonviolent movement in disarming police forces; they don't know what to do. I've seen them so often. I remember in Birmingham, Alabama, when we were in that majestic struggle there, we would move out of the 16th Street Baptist Church day after day; by the hundreds we would move out. And Bull Connor would tell them to send the dogs forth, and they did come; but we just went before the dogs singing, "Ain't gonna let nobody turn me around."
Bull Connor next would say, "Turn the fire hoses on." And as I said to you the other night, Bull Connor didn't know history. He knew a kind of physics that somehow didn't relate to the transphysics that we knew about. And that was the fact that there was a certain kind of fire that no water could put out. And we went before the fire hoses; we had known water. If we were Baptist or some other denominations, we had been immersed. If we were Methodist, and some others, we had been sprinkled, but we knew water. That couldn't stop us.
And we just went on before the dogs and we would look at them; and we'd go on before the water hoses and we would look at it, and we'd just go on singing "Over my head I see freedom in the air." And then we would be thrown in the paddy wagons, and sometimes we were stacked in there like sardines in a can. And they would throw us in, and old Bull would say, "Take 'em off," and they did; and we would just go in the paddy wagon singing, "We Shall Overcome." And every now and then we'd get in jail, and we'd see the jailers looking through the windows being moved by our prayers, and being moved by our words and our songs. And there was a power there which Bull Connor couldn't adjust to; and so we ended up transforming Bull into a steer, and we won our struggle in Birmingham. Now we've got to go on in Memphis just like that. I call upon you to be with us when we go out Monday.
Now about injunctions: We have an injunction and we're going into court
tomorrow morning to fight this illegal, unconstitutional injunction. All we say
to America is, "Be true to what you said on paper." If I lived in China or even
Russia, or any totalitarian country, maybe I could understand some of these
illegal injunctions. Maybe I could understand the denial of
certain basic First Amendment privileges, because they hadn't committed
themselves to that over there. But somewhere I read of the freedom of assembly.
Somewhere I read of the freedom of speech. Somewhere I read of the freedom of
press. Somewhere I read that the greatness of America is the right to
protest for right. And so just as I say, we aren't going to let dogs or water
hoses turn us around, we aren't going to let any injunction
turn us around. We are going on.
We need all of you. And you know what's beautiful to me is to see all of these
ministers of the Gospel. It's a marvelous picture. Who is it that is supposed to
articulate the longings and aspirations of the people more than the preacher?
Somehow the preacher must have a kind of fire shut up in his bones. And whenever
injustice is around he tell it. Somehow the preacher must be an Amos, and saith, "When
God speaks who can but prophesy?" Again with Amos, "Let justice roll down like
waters and righteousness like a mighty stream." Somehow the preacher must say
with Jesus, "The Spirit of the Lord is upon me, because he hath anointed me,"
and he's anointed me to
deal with the problems of the poor."
And I want to commend the preachers, under the leadership of these noble men: James Lawson, one who has been in this struggle for many years; he's been to jail for struggling; he's been kicked out of Vanderbilt University for this struggle, but he's still going on, fighting for the rights of his people. Reverend Ralph Jackson, Billy Kiles; I could just go right on down the list, but time will not permit. But I want to thank all of them. And I want you to thank them, because so often, preachers aren't concerned about anything but themselves. And I'm always happy to see a relevant ministry.
It's all right to talk about "long white robes over yonder," in all of its symbolism. But ultimately people want some suits and dresses and shoes to wear down here! It's all right to talk about "streets flowing with milk and honey," but God has commanded us to be concerned about the slums down here, and his children who can't eat three square meals a day. It's all right to talk about the new Jerusalem, but one day, God's preacher must talk about the new New York, the new Atlanta, the new Philadelphia, the new Los Angeles, the new Memphis, Tennessee. This is what we have to do.
Now the other thing we'll have to do is this: Always anchor our external direct action with the power of economic withdrawal. Now, we are poor people. Individually, we are poor when you compare us with white society in America. We are poor. Never stop and forget that collectively -- that means all of us together -- collectively we are richer than all the nations in the world, with the exception of nine. Did you ever think about that? After you leave the United States, Soviet Russia, Great Britain, West Germany, France, and I could name the others, the American Negro collectively is richer than most nations of the world. We have an annual income of more than thirty billion dollars a year, which is more than all of the exports of the United States, and more than the national budget of Canada. Did you know that? That's power right there, if we know how to pool it.
We don't have to argue with anybody. We don't have to curse and go around acting bad with our words. We don't need any bricks and bottles. We don't need any Molotov cocktails. We just need to go around to these stores, and to these massive industries in our country, and say, "God sent us by here, to say to you that you're not treating his children right. And we've come by here to ask you to make the first item on your agenda fair treatment, where God's children are concerned. Now, if you are not prepared to do that, we do have an agenda that we must follow. And our agenda calls for withdrawing economic support from you."
And so, as a result of this, we are asking you tonight, to go out and tell your neighbors not to buy Coca-Cola in Memphis. Go by and tell them not to buy Sealtest milk. Tell them not to buy -- what is the other bread? -- Wonder Bread. And what is the other bread company, Jesse? Tell them not to buy Hart's bread. As Jesse Jackson has said, up to now, only the garbage men have been feeling pain; now we must kind of redistribute the pain. We are choosing these companies because they haven't been fair in their hiring policies; and we are choosing them because they can begin the process of saying they are going to support the needs and the rights of these men who are on strike. And then they can move on town -- downtown and tell Mayor Loeb to do what is right.
But not only that, we've got to strengthen black institutions. I call upon you to take your money out of the banks downtown and deposit your money in Tri-State Bank. We want a "bank-in" movement in Memphis. Go by the savings and loan association. I'm not asking you something that we don't do ourselves at SCLC. Judge Hooks and others will tell you that we have an account here in the savings and loan association from the Southern Christian Leadership Conference. We are telling you to follow what we are doing. Put your money there. You have six or seven black insurance companies here in the city of Memphis. Take out your insurance there. We want to have an "insurance-in."
Now these are some practical things that we can do. We begin the process of building a greater economic base. And at the same time, we are putting pressure where it really hurts. I ask you to follow through here.
Now, let me say as I move to my conclusion that we've got to give ourselves to
this struggle until the end. Nothing would be more tragic than to stop at this
point in Memphis. We've got to see it through. And when we have our march, you
need to be there. If it means leaving work, if it means leaving school -- be
there. Be concerned about your brother. You may not be on strike. But
either we go up together, or we go down together.
Let us develop a kind of dangerous unselfishness. One day a man came to Jesus,
and he wanted to raise some questions about some vital matters of life. At
points he wanted to trick Jesus, and show him that he knew a little more than
Jesus knew and throw him off base....
Now that question could have easily ended up in a philosophical and theological debate. But Jesus immediately pulled that question from mid-air, and placed it on a dangerous curve between Jerusalem and Jericho. And he talked about a certain man, who fell among thieves. You remember that a Levite and a priest passed by on the other side. They didn't stop to help him. And finally a man of another race came by. He got down from his beast, decided not to be compassionate by proxy. But he got down with him, administered first aid, and helped the man in need. Jesus ended up saying, this was the good man, this was the great man, because he had the capacity to project the "I" into the "thou," and to be concerned about his brother.
Now you know, we use our imagination a great deal to try to determine why the priest and the Levite didn't stop. At times we say they were busy going to a church meeting, an ecclesiastical gathering, and they had to get on down to Jerusalem so they wouldn't be late for their meeting. At other times we would speculate that there was a religious law that "One who was engaged in religious ceremonials was not to touch a human body twenty-four hours before the ceremony." And every now and then we begin to wonder whether maybe they were not going down to Jerusalem -- or down to Jericho, rather to organize a "Jericho Road Improvement Association." That's a possibility. Maybe they felt that it was better to deal with the problem from the causal root, rather than to get bogged down with an individual effect.
But I'm going to tell you what my imagination tells me. It's possible that those men were afraid. You see, the Jericho road is a dangerous road. I remember when Mrs. King and I were first in Jerusalem. We rented a car and drove from Jerusalem down to Jericho. And as soon as we got on that road, I said to my wife, "I can see why Jesus used this as the setting for his parable." It's a winding, meandering road. It's really conducive for ambushing. You start out in Jerusalem, which is about 1200 miles -- or rather 1200 feet above sea level. And by the time you get down to Jericho, fifteen or twenty minutes later, you're about 2200 feet below sea level. That's a dangerous road. In the days of Jesus it came to be known as the "Bloody Pass." And you know, it's possible that the priest and the Levite looked over that man on the ground and wondered if the robbers were still around. Or it's possible that they felt that the man on the ground was merely faking. And he was acting like he had been robbed and hurt, in order to seize them over there, lure them there for quick and easy seizure. And so the first question that the priest asked -- the first question that the Levite asked was, "If I stop to help this man, what will happen to me?" But then the Good Samaritan came by. And he reversed the question: "If I do not stop to help this man, what will happen to him?"
That's the question before you tonight. Not, "If I stop to help the sanitation
workers, what will happen to my job. Not, "If I stop to help the sanitation
workers what will happen to all of the hours that I usually spend in my office
every day and every week as a pastor?" The question is not, "If I stop to help
this man in need, what will happen to me?" The question is, "If I do not stop to
help the sanitation workers, what will happen to them?" That's the question.
Let us rise up tonight with a greater readiness. Let us stand with a greater
determination. And let us move on in these powerful days, these days of
challenge to make America what it ought to be. We have an opportunity to make
America a better nation. And I want to thank God, once more, for allowing me to
be here with you.
You know, several years ago, I was in New York City autographing the first book
that I had written. And while sitting there autographing books, a demented black
woman came up. The only question I heard from her was, "Are you Martin Luther
King?" And I was looking down writing, and I said, "Yes." And the next minute I
felt something beating on my chest. Before I knew it I had been stabbed by this
demented woman. I was rushed to Harlem Hospital. It was a dark Saturday
afternoon. And that blade had gone through, and the X-rays revealed that
the tip
of the blade was on the edge of my aorta, the main artery. And once that's
punctured, your drowned in your own blood -- that's the end of you.
It came out in the
New York Times the next morning, that if I had merely sneezed, I
would have died. Well, about four days later, they allowed me, after the
operation, after my chest had been opened, and the blade had been taken out, to
move around in the wheel chair in the hospital. They allowed me to read some of
the mail that came in, and from all over the states and the world, kind letters
came in. I read a few, but one of them I will never forget. I had received one
from the President and the Vice-President. I've forgotten what those telegrams
said. I'd received a visit and a letter from the Governor of New York, but I've
forgotten what that letter said. But there was another letter that came from a
little girl, a young girl who was a student at the White Plains High School. And
I looked at that letter, and I'll never forget it. It said simply,
Dear Dr. King,
I am a ninth-grade student at the White Plains High School."
And she said,
While it should not matter, I would like to mention that I'm a white girl. I read in the paper of your misfortune, and of your suffering. And I read that if you had sneezed, you would have died. And I'm simply writing you to say that I'm so happy that you didn't sneeze.
And I want to say tonight -- I want to say tonight that I too am happy that I didn't sneeze. Because if I had sneezed, I wouldn't have been around here in 1960, when students all over the South started sitting-in at lunch counters. And I knew that as they were sitting in, they were really standing up for the best in the American dream, and taking the whole nation back to those great wells of democracy which were dug deep by the Founding Fathers in the Declaration of Independence and the Constitution.
If I had sneezed, I wouldn't have been around here in 1961, when we decided to take a ride for freedom and ended segregation in inter-state travel.
If I had sneezed, I wouldn't have been around here in 1962, when Negroes in Albany, Georgia, decided to straighten their backs up. And whenever men and women straighten their backs up, they are going somewhere, because a man can't ride your back unless it is bent.
If I had sneezed -- If I had sneezed I wouldn't have been here in 1963, when the black people of Birmingham, Alabama, aroused the conscience of this nation, and brought into being the Civil Rights Bill.
If I had sneezed, I wouldn't have had a chance later that year, in August, to try to tell America about a dream that I had had.
If I had sneezed, I wouldn't have been down in Selma, Alabama, to see the great Movement there.
If I had sneezed, I wouldn't have been in Memphis to see a community rally around those brothers and sisters who are suffering.
I'm so happy that I didn't sneeze.
And they were telling me --. Now, it doesn't matter, now. It really doesn't matter
what happens now. I left Atlanta this morning, and as we got started on the
plane, there were six of us. The pilot said over the public address system, "We
are sorry for the delay, but we have Dr. Martin Luther King on the plane. And to
be sure that all of the bags were checked, and to be sure that nothing would be
wrong with on the plane, we had to check out everything carefully. And we've had
the plane protected and guarded all night."
And then I got into Memphis. And some began to say the threats, or talk about the
threats that were out. What would happen to me from some of our sick white
brothers?
Well, I don't know what will happen now. We've got some difficult days ahead.
But it really doesn't matter with me now, because I've been to the mountaintop.
And I don't mind.
Like anybody, I would like to live a long life. Longevity has its place. But I'm not concerned about that now. I just want to do God's will. And He's allowed me to go up to the mountain. And I've looked over. And I've seen the Promised Land. I may not get there with you. But I want you to know tonight, that we, as a people, will get to the promised land!
And so I'm happy, tonight.
I'm not worried about anything.
I'm not fearing any man!
Mine eyes have seen the glory of the coming of the Lord!!
30 décembre 2008
LA SAETA DE ANTONIO MACHADO
¡Oh, la saeta, el cantar
al Cristo de los gitanos,
siempre con sangre en las manos,
siempre por desenclavar!
¡Cantar del pueblo andaluz,
que todas las primaveras
anda pidiendo escaleras
para subir a la cruz!
¡Cantar de la tierra mía,
que echa flores
al Jesús de la agonía,
y es la fe de mis mayores!
¡Oh, no eres tú mi cantar!
¡No puedo cantar, ni quiero
a ese Jesús del madero,
sino al que anduvo en el mar!
Saeta:
Chanté
essentiellement pendant les processions de la semaine sainte, la saeta
est un chant de vénération à la sainte Vierge ou au Christ. Issu de la siguiriya,
il est apparu au début du 20è siècle. Sa copla est composée de 4 vers
octosyllabiques plus ou moins long selon les interprètes.
ANTONIO MACHADO
"Se hace camino al andar..." |
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| ... en français. Marcheur, ce sont tes traces ce chemin, et rien de plus ; Marcheur, il n'y a pas de chemin, Le chemin se construit en marchant. En marchant se construit le chemin, Et en regardant en arrière On voit la sente que jamais On ne foulera à nouveau. Marcheur, il n'y a pas de chemin, Seulement des sillages sur la mer. Traduction de José Parets-LLorca |
Le poème original, en espagnol.
Chant XXIX Proverbios y cantarès, Campos de Castilla, 1917. Caminante, son tus huellas el camino, y nada mas ; caminante, no hay camino, se hace camino al andar. Al andar se hace camino, y al volver la vista atras se ve la senda que nunca se ha de volver a pisar. Caminante, no hay camino, sino estelas en la mar. Antonio Machado |
... en anglais. Wanderer, it is your tracks which are the road, and nothing else. Wanderer, there is no road, walking makes the road. By walking, the road is made, and when glancing back you contemplate the trail which you will trample no more. Wanderer, there is no road, only the wakes on the sea.
Traduction Roger LAPOINTE |
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...en portuguais. Caminhante, são pegadas o caminho, e nada mais ; Caminhante, não há caminho, o caminho faz-se a andar. A andar faz-se o caminho e ao voltar-nos para trás vemos a senda que nunca voltaremos a pisar. Caminhante, não há caminho, mas só sulcos, pelo mar. Traduction de José Augusto Seabra |
... en polonais. Piechurze, ta droga to Twoje slady i nic ponadto ; Piechurze, drogi nie ma w naturze, Droga powstaje z chodzenia. Chodzac, buduje sie droge, A spogladajac wstecz, widzi sie sciezke, której juz nigdy od nowa sie nie udepcze. Piechurze, drogi nie ma w naturze, Tylko morze zaciera slady w uporze. Traduction de Henri Dunajewski |
| ... en français. Marcheur, il n'y a que tes pas, Pour faire le chemin où tu vas, Marcheur, il n'est pas de chemin, Que celui que tes pas vont faire. Et quand tes pas font le chemin, Jamais plus tu n'emprunteras Le sillon qui déjà s'efface, Lorsque tu regardes en arrière Marcheur, il n'est pas de chemin, Mais des sillages sur la mer. Traduction de Pierre-Yves Gomez |
... en italien. Viandante, son le tue orme la via e nulla più ; Viandante, non c'é via, la via si fa con l'andare. Con l'andare si fa la via e nel voltaré indietro la vista si vede il sentiero che mai si tornera a calcare.. Viandante, non c'é via ma scie nel mare. Traduction de Mauro Ceruti |
... en norvégien. Vandrer, det er dine spor Som er veien, og intet annet ; Vandrer, der finnes ingen vei, veien formes mens du går. Mens du går formes veien, og, når man skuer tilbake, ser man stien som man aldri igjen skal trå på. Vandrer, der finnes ingen vei bare kjølvannet på sjøen. Traduction de Kari Caillé |
| ... en hongrois. Vándor, lábaid nyoma az út s nem más. Vándor, nincs út, az út maga a vándorlás. Vándorlásból születik az út, s visszatekintvén látszik az ösvény melyet senki sem taposhat többé. Vándor, nincs út csak barázdák a viz tetején Traduction de Nemes Krisztina |
... en japonais (transcription romajie). Alukuhito, koléla ha kimi no ashiato desu. Kono michi, soshite solé ijô nani mo alimasen. Alukuhito, michi ha alimasen. Michi ha alukalété tukulalémasu. Alukinagala michi ha tukulalémasu. Soshite, ushilo wo fulikaéléba nidoto modolanai komichi ni kizukimasu. Alukuhito, michi ha alimasén, tada kaimen no kôsseki dake shika. Traduction de Yu Lani-Hamada |
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| ... en tchèque. Poutníku, cesta: to jsou tvé slépeje a nic vík. Poutníku, cesty není cesty je tam, kudy krácís kudy krácís, tam je cesta. A kdyz se ohlédnes, uvidís stezku, kterou uz nikdy nikdo nepujde, Poutníku, cesty není jenom brázdy na mori. Traduction de Jaromír Dolívka |
... en espéranto. Vi, pasul': el spuroj viaj voj' konsistas en total'. Voj-iranto, voj' ne estas, voj' farigas per pasad'. La irado vojon faras, kaj jen per retro-rigard' voj' vidigas, sed neniam gin reuzos la irant'. Vi, pasul': ne estas vojo sed nur sulkoj en la mar'. Traduction de Fernando de Diego |
... en hollandais. |
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| ... en suédois Vandrare, Du skapar din väg med dina spår. Vandrare, det finns ingen väg, den skapas först när du går. Med dina steg formas stigen. I en tillbakablick skönjer du stegen, som ingen mera skall beträda. Vandrare, av din väg blir blott vågskvalp på vattnet kvar.
Traduction de Stig C Holmberg |
… en catalan. Caminant,
les teves passes, Traduction de Albert Martinez Hernansaez |
... en allemand.
Wanderer, deine Spuren Traduction de Jérémie Delorme
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| ... en allemand.
Wanderer, sieh, deine Spuren Traduction de Marie-Rose Blunschi Ackermann |
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HISPANIDAD Y LIBERTAD DE Mario Vargas Llosa
Discurso de aceptación del Premio en Oviedo, el mes de noviembre de 1986:
El Lunarejo en Asturias
Mario Vargas Llosa

Imagino que se me ha confiado la honrosa tarea de agradecer los Premios Príncipe de Asturias porque, entre los premiados, yo puedo testimoniar mejor que nadie sobre el espíritu generoso que los informa y, viniendo del remoto Perú, sobre su vocación universal. Lo hago con la modestia debida, pero, también, orgulloso de compartir este reconocimiento con los distinguidos intelectuales, artistas, científicos e instituciones que los han merecido. Y feliz de hacerlo en esta tierra de Asturias, de recias cumbres y verdes campiñas, donde nació uno de los escritores que más admiro -Clarín- y que es un símbolo, en la historia de Occidente, de amor a la soberanía y a la libertad.
Y puesto que los Premios Príncipe de Asturias hermanan, cada año, a hombres y mujeres de España y de América, quizás ésta sea una ocasión propicia para reflexionar en alta voz sobre aquel hecho fronterizo en la Historia, del que pronto celebraremos cinco siglos: la inserción de América, por obra de España, en el mundo occidental. Vale la pena hacerlo porque, aunque antiguo y sabido, es un hecho que todavía no resulta evidente para todos ni suelen sacar de él, algunos gobiernos y personas, las conclusiones que se imponen.
Españoles e hispanoamericanos vivimos trescientos años de historia común y, en esos tres siglos, la tierra a la que llegó Colón, desapareció y fue reemplazada por otra, sustancialmente distinta. Una tierra que, enriquecida por los fermentos de su entraña pre-histórica y por los aportes de otras regiones del planeta -el África, principalmente-, piensa, cree, se organiza, habla y sueña dentro de los valores y esquemas culturales que son los mismos de Europa. Quien se niega a verlo así tiene una visión insuficiente de América o de lo que es el horizonte cultural de Occidente.
Luego de tres siglos en que fueron una sola, las naciones que España ayudó a formar y a las que marcó de manera indeleble, estallaron en una miríada de países que, entre fortunas e infortunios -más de éstos que de aquéllas- tratan de forjarse un destino decente y de aniquilar a esos demonios que han emponzoñado su historia: el hambre, la intolerancia, las desigualdades inicuas, el atraso, la falta de libertad, la violencia. Son demonios que España conoce porque también en la Península han causado estragos.
Lo que la Historia unió los gobiernos se encargan a menudo de desunirlo. Nuestro pasado, en América, está afeado por querellas estúpidas en las que nos hemos desangrado y empobrecido inútilmente. Pero todas las guerras y disensiones no han podido calar más hondo de la superficie; bajo los transitorios diferendos subsisten, irrompibles, aquellos vínculos que España estableció entre ella y nosotros, y entre nosotros mismos, y que el tiempo consolida cada vez más: una lengua, unas creencias, ciertas instituciones y una amplísima gama de virtudes y defectos que, para bien y para mal, hacen de nosotros parientes irremediables por encima de nuestros particularismos y diferencias.
Quizás una pequeña historia podría ilustrar mejor lo que me gustaría decir. Ya que eso es lo que soy -un contador de historias- permítanme que se la cuente.
Es la historia de un indio del Perú, que nació en 1629 ó 1632 -nadie ha podido precisarlo-, en una aldea perdida de los Andes cuyo nombre, Calcauso, ni siquiera figuró en los mapas. Estaba -a lo mejor está aún- en la provincia de Aymaraes, en Apurímac. Era un muchacho curioso y vivaracho a quien, un día, un clérigo de paso, impresionado por sus dotes, llevó consigo al Cusco e hizo estudiar en el Colegio de San Antonio Abad, donde se concedían algunas becas para "hijos de indígenas". Sabemos muy pocas cosas de su biografía. Ni siquiera es seguro que se llamara con el nombre y el apellido españoles con que ha pasado a la historia: Juan Espinoza Medrano. Parece probado, eso sí, que tenía la cara averiada por verrugas o por un enorme lunar y que a ello debió su apodo: el Lunarejo.
Pero sus contemporáneos le pusieron también otro sobrenombre más ilustre: el Doctor Sublime. Porque aquel indio de Apurímac llegó a ser uno de los intelectuales más cultos y refinados de su tiempo y un escritor cuya prosa robusta y mordaz, de amplia respiración y atrevidas imágenes, multicolor, laberíntica, funda en América hispana esa tradición del barroco de la que serían tributarios, siglos más tarde, autores como Leopoldo Marechal, Alejo Carpentier y Lezama Lima.
La leyenda dice que cuando el Doctor Sublime predicaba, desde el púlpito a la modesta iglesia del barrio de San Cristóbal, en el Cusco, de la que fue párroco, la nave rebotaba de fieles y que había quienes hacían largas travesías para escucharlo. ¿Entendía esa apretada multitud lo que el Lunarejo les decía? A juzgar por los sermones que de él nos han llegado -La Novena Maravilla se titula, con cierta hipérbole, la recopilación- es probable que, la mayoría, no. Pero no hay duda de que esa palabra lujosa, musical, que convocaba con autoridad a los poetas griegos y a los filósofos romanos, a fabulistas bizantinos, trovadores medievales y prosistas castellanos y los hacía desfilar galanamente por la imaginación de sus oyentes, hechizaba a su auditorio.
El único libro orgánico escrito por el Lunarejo del que tenemos noticia es un texto polémico: el Apologético en favor de don Luis de Góngora, que publicó en 1662, refutando al crítico portugués Manuel de Faría y Souza, que había atacado el culteranismo. Hay a quienes la intención de este turbulento panfleto hace reír. ¿No era patético que, allá, tan lejos de Madrid, y tan fuera del tiempo, ese indiano se empeñara en intervenir en una polémica que, aquí, en Europa, había cesado hacía varias décadas y cuyos protagonistas estaban ya muertos? A mí, el anacrónico empeño del curita cusqueño, lanzándose, desde su barriada andina, a reavivar esa extinta polémica, me conmueve profundamente. Porque en su texto erudito, belicoso, atiborrado de pasión y de metáforas, hay una voluntad de apropiación de una cultura que adelanta lo que es hoy, intelectualmente, América Latina. En el Lunarejo, y en un puñado de otros creadores indianos, como el Inca Garcilaso o Sor Juana Inés de la Cruz, las ideas y la lengua que fueron de Europa a América han echado raíces y germinado en un pensamiento y en una estética que representan ya un matiz diferente, una inflexión propia muy nítida dentro de la literatura española y la civilización occidental.
En el Apologético en favor de don Luis de Góngora, el Lunarejo cita o glosa a más de ciento treinta autores, desde Homero y Aristóteles hasta Cervantes, pasando por el Aretino, Erasmo, Tertuliano y Camoens. Las citas cultas eran un ritual de los tiempos, como rendir pleitesía al cielo y a los santos. En su caso, son, también, un ejercicio de magia simpatética, un conjuro para atraer a esas tierras y arraigar en ellas a quienes representaban, entonces, las cimas de la sabiduría y el arte. Aquella brujería fue eficaz: obras como las de Neruda, Borges y Octavio Paz han sido posibles en América Latina gracias a la testarudez con que, gentes como el Lunarejo, decidieron hacer suya, asumir como propia la cultura que España trasplantó a sus tierras.
En los tiempos del Doctor Sublime, la mayoría de nuestros escritores eran meros epígonos: repetían, a veces con buen oído, a veces desafinando, los modelos de la metrópoli. Pero, en algunos casos, como en el suyo, apunta ya un curioso proceso de emancipación en el que el emancipado alcanza su libertad y su identidad eligiendo por voluntad propia aquello que hasta entonces le era impuesto. El colonizado se adueña de la cultura del colonizador y, en vez de mimarle, pasa a crearla, aumentándola y renovándola. Así, se independiza en la medida en que se integra. En eso consiste la soberanía cultural de Hispanoamérica: en saber que Cervantes, el Arcipreste y Quevedo son tan nuestros como de un asturiano o un leonés. Y que ellos nos representan tan legítimamente como las piedras de Machu Picchu o las pirámides mayas.
Aquel proceso fue extraño, sinuoso y, sobre todo, lento. Como el Doctor Sublime, otros hispanoamericanos encontraron su propia voz, sin proponérselo, tratando de emular a los peninsulares. En el Lunarejo, la inventiva y el brío verbal son tan fuertes que rompen los moldes estrechos y rastreros del género que escogió para expresarse. Su Apologético no es tal, sino un poema en prosa en el que, con el pretexto de reverenciar a Góngora y vituperar a Faría y Souza, el apurimeño se libra a una suntuosa prestidigitación. Juega con los sonidos y el sentido de las palabras, fantasea, canta, impreca, cita y va coloreando los vocablos y los malabares con un deje personal. Al final, no vemos en su texto una reinvindicación de Góngora y una abominación del portugués: lo vemos a él, emergiendo, borracho de verbo y de retruécanos, con una figura propia tan resuelta que afantasma al poeta y al crítico.
En el Lunarejo se vislumbra lo que serían el Perú, Hispanoamérica: la frontera austral del Occidente, un mundo en ciernes, inconcluso, ansioso por cuajar, que tiene prisa y que a veces se cae de bruces. Pero la meta final de esa carrera de obstáculos en que está América Latina es clarísima y nada nos ayudaría tanto a alcanzarla como que Europa Occidental entendiera que nuestra suerte está unida a la de ella y que el anhelo de nuestros pueblos es lograr sociedades prósperas y justas, dentro del sistema de libertad y convivencia que es la más grande contribución de Occidente a la humanidad.
A lo mucho que nos unió en el pasado, hoy nos une, a españoles y a hispanoamericanos, otro denominador común: regímenes democráticos, una vida política signada por el principio de libertad. Nunca, en toda su vida independiente, ha tenido América Latina tantos gobiernos representativos, nacidos de elecciones, como en este momento. Las dictaduras que sobreviven son apenas un puñado y alguna de ellas, por fortuna, parecen estar dando las últimas boqueadas. Es verdad que nuestras democracias son imperfectas y precarias y que a nuestros países les queda un largo camino para conseguir niveles de vida aceptables. Pero lo fundamental es que ese camino se recorra, como quieren nuestros pueblos -así lo hacen saber, clamorosamente, cada vez que son consultados en comicios legítimos- dentro del marco de tolerancia y de libertad que vive ahora España.
Para nuestros países, lo ocurrido en la Península, en estos años, ha sido un ejemplo estimulante, un motivo de inspiración y de admiración. Porque España es el mejor ejemplo, hoy, de que la opción democrática es posible y genuinamente popular en nuestras tierras. Hace veintiocho años, cuando llegué a Madrid como estudiante, había en el mundo quienes, cuando se hablaba de un posible futuro democrático para España, sonreían con el mismo escepticismo que lo hacen ahora cuando se habla de la democracia dominicana o boliviana. Parecía imposible, a muchos, que España fuera capaz de domeñar una cierta tradición de intolerancias extremas, de revueltas y golpes armados. Sin embargo, hoy todos reconocen que el país es una democracia ejemplar en la que, gracias a la clarísima elección de la Corona, de las dirigencias políticas y del pueblo español, la convivencia democrática y la libertad parecen haber arraigado en su suelo de manera irreversible.
A nosotros, hispanoamericanos, esta realidad nos enorgullece y nos alienta. Pero no nos sorprende; desde luego que era posible, como lo es, también, allende el mar, en nuestras tierras. Por eso, a las muchas razones que nos acercan, deberíamos decididamente añadir esta otra: la voluntad de luchar, hombro con hombro, por preservar la libertad conseguida, por ayudar a recobrarla a quienes se la arrebataron y a defenderla a los que la tienen amenazada. ¿Qué mejor manera que ésta de conmemorar el quinto centenario de nuestra aventura común?
La palabra Hispanidad exhalaba, en un pasado reciente, un tufillo fuera de moda, a nostalgia neocolonial y a utopía autoritaria. Pero, atención, toda palabra tiene el contenido que querramos darle. Hispanidad rima también con modernidad, con civilidad y, ante todo, con libertad. De nosotros dependerá que sea cierto. Hagamos con esas dos palabras, Hispanidad y Libertad, las piruetas que le gustaban al Lunarejo: juntémoslas, arrejuntémoslas, fundámoslas, casémoslas y que no vuelvan a divorciarse nunca.
29 décembre 2008
PAPA BONGO a le pardon facile
Grand pardon du Gabon
Françafrique / dimanche 28 décembre par Xavier Monnier
Le président du Gabon, Omar Bongo, ne boude plus le chef de la cellule Afrique de l’Elysée, Bruno Joubert. Les deux hommes s’échangent maintenant d’aimables invitations.
Jamais avare de grand pardon, le président du Gabon, Omar Bongo, ne se fâche jamais trop longtemps. Une belle qualité, d’autant que les dernières rumeurs qui courent à l’Elysée disent ses jours comptés. « Passera pas l’hiver », ose même une vieille concierge des Palais africains.
Le mollah Omar
© Mor
Au moins l’homme n’est-il plus fâché avec la cellule Afrique de l’Elysée, dirigée par Bruno Joubert. Mis en poste par Sarko Ier pour officiellement « squizzer » les réseaux parallèles et la Françafrique en général, Joubert a dû manger son chapeau. Ou du moins le grignoter, avec le retour en grâce de l’intermédiaire Robert Bourgi. Une situation fort peu confortable. D’autant qu’Omar Bongo, grand protecteur de Robert Bourgi, pilier de ce qui reste de l’influence française en Afrique, le boudait. Vexé et se sentant un brin visé par le « grand toilettage » dont le diplomate avait reçu la charge. Mais, à l’approche des fêtes de fin d’année, Petit Papa Bongo ne boude plus. Selon nos informations, le patron de la cellule Afrique a même été invité à Libreville pour une audience au Palais du Bord de mer, la présidence gabonaise. Un dégel qui s’accompagne d’un adoubement de M. Fils à l’Elysée.
Comme l’a révélée La Lettre du continent – toujours pillée, jamais citée –, Ali Bongo, ministre de la Défense de son père, a été bien gentiment reçu au château, le 21 octobre dernier. Une réunion de travail avec le Président Sarkozy, le secrétaire général Claude Guéant, et l’incontournable Robert Bourgi, suivi d’un déjeuner avec Bruno Joubert.
Autant de prévenances auxquelles n’a jamais eu droit l’autre successeur potentiel d’Omar Bongo, M. Gendre, alias Paul Toungui. L’époux de Pascaline Bongo, fille favorite d’Omar, n’a plus le vent en poupe depuis son déménagement du ministère des Finances vers les Affaires Etrangères. Et lors de son dernier passage à Paris, pour l’assemblée annuelle de la Grande Loge Nationale de France (GLNF), Toungui a vu élever son fils au grade de compagnon. Seule satisfaction. Ses demandes d’audience à l’Elysée n’ont pas abouties. La saga Borgia au Gabon continue.
Rodrigue ABOUA au Jt de 20H de la Télévison Nationale du Bénin
Rubrique "Décryptage" du JT de 20H de l'ORTB, 1ère Chaîne TV du BENIN. Rodrigue ABOUA, consultant en Gouvernance Publique, Manager Général du Cabinet-conseil NEW DEAL EXPERTISE, est interrogé par Annick BALLEY le 05 Août 2007 sur le Discours à la Nation du Président YAYI Boni, à l'occasion du 47è anniversaire de l'Indépendance de la République du BENIN, ex-DAHOMEY.
http://www.youtube.com/watch?v=EMCej1FI940
21 décembre 2008
Zoom sur la détention provisoire
Coupat reste en prison : zoom sur la détention provisoire
Par Chloé Leprince | Rue89 | 20/12/2008 | 21H04

Vendredi soir, le juge des libertés et de la détention avait décidé de remettre en liberté Julien Coupat, mis en examen pour "terrorisme" après les sabotages contre la SNCF. Dans la foulée, le parquet s'est opposé à cette libération par un "référé détention", prévu par la loi Perben II. Juridiquement, cette décision n'accrédite en fait ni la thèse du "terrorisme" ni celle de l'innocence de Coupat.
La justice se prononcera sur le fond de la remise en liberté mardi, alors que le débat se poursuit sur la qualification des faits. Pas mal de juristes se demandent en effet encore pourquoi l'on n'a pas choisi de le mettre en examen simplement pour "dégradation d'un bien d'utilité publique en réunion". Une qualification pour laquelle le maintien en détention provisoire plus d'un mois est nettement plus rare. La remise en liberté en cinq étapes:
1. Le prévenu placé en détention provisoire peut faire une demande de mise en liberté chaque jour auprès du juge des libertés et de la détention (JLD) si le juge d'instruction ne décide pas de sa remise en liberté.
2. Le juge de la liberté examine le dossier en fonction de critères précis listés dans le code de procédure pénale.
3. Si le JLD décide de sa remise en liberté, le parquet peut faire appel et s'opposer cette libération. Il a quatre heures pour faire appel et c'est la chambre de l'instruction qui examine cette remise en liberté dans les jours suivant (mardi pour Julien Coupat).
4. Si le parquet exige que durant ce laps de temps le prévenu reste en prison, il fait un référé détention.
5. C'est le premier président de la cour d'appel qui décide si ce référé est suspensif, c'est-à-dire si la personne doit rester derrière les barreaux.
Cette requête de remise en liberté émanait de Me Irène Terrel, avocate du militant de 34 ans détenu depuis le 11 novembre. Le juge des libertés et de la détention (JLD), magistrat du siège, a donc été sollicité de façon tout à fait orthodoxe par la défense. Sa décision a été un soulagement pour les proches de Coupat et un espoir pour ceux d'Yldune, sa compagne de 25 ans, dont la demande de remise en liberté n'a pas encore été examinée. Le JLD ne tranche pas sur le fond Toutefois, ce feu vert ne signifie pas forcément que le dossier est vide: pour décider du maintien, ou non, d'un prévenu en détention provisoire, le JLD ne tranche pas en fonction du fond du dossier. Hélène Franco, magistrate à Bobigny et membre du Syndicat de la magistrature, est un peu effarée des erreurs d'interprétation de la décision du juge des libertés. "Ce n'est pas un camouflet mais juste un usage normal de l'indépendance d'un magistrat du siège. Le droit privilégie la liberté à la détention, il n'y a pas d'exception pour le terrorisme jusqu'à preuve du contraire! Si l'on se méprend sur le sens de la décision, cela signifierait que si un JLD laissait quelqu'un en détention provisoire, ce serait parce que son dossier est très lourd.
Ça banalise la détention provisoire, alors que l'article 144 du code de procédure pénale considère non pas des critères de fond mais le risque de non-présentation à l'audience, de trouble à l'ordre public, de pressions sur les victimes, etc." Le juge des libertés et de la détention a été instauré par la loi Guigou en 2000 comme un frein à la tentation des parquets de multiplier les détentions provisoires. Mais c'est une fonction occupée temporairement par un vice-président de tribunal, pas un statut spécifique, contrairement à juge d'instruction, juge des enfants ou juge d'application des peines, qui sont nommés par décret. Hélène Franco, qui appartient à un syndicat classé à gauche, relève que, même si elles sont moins fortes que celles exercées sur les parquets, les pressions existent: le juge des libertés et de la détention peut être "déchargé" (c'est le terme officiel) de ses fonctions de JLD.
C'est-à-dire qu'il peut retrouver du jour au lendemain un rôle de vice-président, affecté par le président du tribunal à toute autre matière, comme par exemple aux affaires familiales. Le "turnover" n'est pas négligeable, chez les JLD. Il ne s'agit pas à chaque fois de sanctions déguisées contre de trop grandes largesses. Côté syndical, on précise qu'il s'agit d'une fonction "particulièrement usante" et qu'il peut être difficile de départir le choix du magistrat et celui de sa hiérarchie. Cependant, il n'en reste pas moins qu'il n'existe pas de garanties statutaires et que c'est son supérieur hiérarchique, le président du tribunal, qui a tout pouvoir de décider du sort d'un magistrat. "JLD" comme "jamais libre à dîner" Un JLD en région parisienne depuis plus de deux ans confirme le stress inhérent à son travail: "On voit la misère du monde toute la journée. On doit décider en permanence de la liberté d'un homme. Avec toute la question de la privation des libertés... mais aussi celle de l'exposition au risque, avec la menace d'une tempête médiatique si ça se passe mal une fois la personne dehors. Dans le métier, on dit “JLD” pour “jamais libre à dîner”."
Lui n'a jamais été déchargé de ses fonctions parce qu'il aurait fait preuve d'indépendance ("dans une grande juridiction, ce serait beaucoup trop politique, ça se verrait"). Mais il confirme qu'en tant que juge des libertés "on se fait des ennemis": "Notre métier, c'est d'être le censeur du juge d'instruction car nous intervenons lorsque celui-ci n'a pas décidé de remettre le prévenu en liberté, comme il peut le faire. Quand on motive, on motive contre le juge d'instruction et le parquet, on est donc dans leur collimateur. En France, il y a une addiction à la détention provisoire.
Pourquoi Jérôme Kerviel a-t-il fait plus d'un mois de prison alors que sa remise en liberté, même s'il est condamné par la suite, ne posait aucun risque? Prenez outreau, c'est aussi la faillite des JLD qui n'ont pas infléchi l'instruction." Le fait du prince Il sera intéressant de suivre le parcours du JLD qui a ordonné la remise en liberté de Julien Coupat dans ce dossier particulièrement exposé médiatiquement. D'autant qu'un vent de fronde commence à souffler dans la magistrature à cause des mutations-sanctions. Ainsi, le premier président de la cour d'appel de Paris, Jean-Claude Magendie, a décidé de réorganiser sa juridiction. Il a toute liberté de nommer qui bon lui semble aux postes clés. Un certain nombre de magistrats seraient mutés, notamment dans des cours d'appel, là où le président d'assises chapeaute un jury populaire. C'est le cas, par exemple, d'Alain Verleene, président d'assises à Paris, dont le travail pédagogique envers les accusés est pourtant régulièrement salué.
Sa mutation de force à la onzième Chambre a fait des remous, dans le monde judiciaire: avocats et magistrats se sont fendus il y a quelques jours d'une lettre ouverte pour critiquer une décision décriée comme "le fait du prince".
16 décembre 2008
Ain...SIKH soit-il... pour les signes religieux à l'école!
Signes religieux à l'école : les sikhs en appellent à l'ONU
Par Alexis Buisson | Journaliste | 16/12/2008 | 11H52
Un groupe de défense des sikhs poursuit la France devant le Comité des droits de l'homme et demande un aménagement de la loi.

(De New York) La fronde contre la loi dite "sur la laïcité" s’est exportée aux Etats-Unis. Lundi, United Sikhs, une organisation affiliée à l’ONU, a déposé une plainte contre la France auprès du Comité des droits de l’homme des Nations unies.
Le groupe, qui soutient depuis sa création en 1999 la communauté sikh dans le monde, exige un amendement à la loi sur les signes religlieux dans les écoles publiques de 2004, dans le sens d’une reconnaissance du "droit au turban", qui fait partie intégrante de l’identité sikh.
Mejindarpal Kaur, chargée de la défense internationale des droits civils et humains à United Sikhs, expliquait devant une centaine de sikhs rassemblés au Church Center de l’ONU :
"En vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la France ne peut limiter les droits fondamentaux que si c’est absolument nécessaire. Nous affirmons que la France n’a pas donné de raison valable pour nier aux Sikhs le droit de porter le Turban."
Le vote de la loi "sur la laïcité" en mars 2004 a été vécu comme un affront par cette communauté religieuse, qui, avec 25 millions d’adeptes essentiellement concentrés dans la province indienne du Penjab (Nord de l’Inde), constitue la cinquième religion mondiale. A New York, ou 25 000 sikhs ont élu domicile, la réaction contre la loi française a été particulièrement forte.
"C’était insultant", se rappelle Mohinder Singh, qui habite ici. "Pour la France, le Turban est une menace à la sécurité. Mais sans lui, je ne peux pas m’épanouir."
Son incompréhension est d’autant plus forte que, dit-il, pour lui et d’autres, les Sikhs ont contribué la victoire de la France contre l'Allemagne lors de la Première Guerre mondiale, prenant notamment part aux combats dans la Somme :
"Nous avons sacrifié nos vies pour la liberté du peuple français. Ils devraient comprendre notre douleur."
Au ministère: "Quoi ! Il y a des Sikhs en France?"
Dans le sikhisme, le turban -ou "dastaar"- sert à couvrir et protéger les cheveux. Ces derniers ne sont jamais coupés, parce qu’ils sont, selon la doctrine, des cadeaux de Dieu. Les sikhs font remarquer que, même s’ils retiraient leur turban, leurs cheveux noués également caractéristiques de leur confession constitueraient tout autant un signe religieux "ostensible" condamné par la loi.
"Je comprends que les Français recherchent l’égalité et veulent que tout le monde se ressemble", concède Gurmej Singh, l’un des participants à la réunion du Church Center. "Mais si je n’ai pas mon turban, je ne suis plus moi."
Certains participants affirment que la commission Stasi, qui a produit le rapport à l’origine de la loi controversée, a ignoré le cas des sikhs. La raison? Le nombre relativement faible de Sikhs en France -7 000 selon The Sikh Coalition, une association basée aux Etats-Unis- et une assimilation, dans l’esprit de beaucoup, à l’islam.
A ce titre, un article du New York Times du 12 janvier 2004 rapportait l’étonnement d’un responsable au ministère de l’Education nationale à l’époque: "Quoi! Il y a des Sikhs en France?", demandait-il à la journaliste du quotidien.
Malgré les promesses du ministre des Affaires étrangères de l’époque, Dominique de Villepin, lors d’un déplacement en Inde en février 2004, le problème n’a pas été résolu.
Peu après l’entrée application de la loi en septembre 2004, Bikramjit Singh, 18 ans, a été expulsé de son école et obligé à suivre des cours à distance. En 2005, Shingara Mann Singh,52 ans, s’est vu refuser la délivrance de son passeport parce qu’il refusait de poser à tête découverte, et Ranjit Singh le renouvellement de sa carte de séjour pour la même raison. Ces trois cas ont été présentés au Comité des droits de l’Homme dans le cadre de la plainte déposée lundi.

Dans sa plainte, United Sikhs a invoqué les articles 2, 12, 17, 18 et 26 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, portant sur la liberté d’expression, de culte et de déplacement, en arguant que:
- Les règles de sécurité pour les passeports édictées par l’UE ne font pas mention de photographies d’identité à tête découverte
- La France autorise des ressortissants étrangers à entrer sur son territoire en utilisant des photos à tête couverte
- En refusant de renouveler des documents de séjour et voyage, la France viole le droit de chacun à se déplacer en dehors de son territoire
- En expliquant qu'"un Sikh ne serait pas Sikh sans son turban", résume Mejindarpal Kaur, d’United Sikhs.
Si la plainte est reçue, en tant que signataire du Pacte et de ses Protocoles, et reconnaissant la primauté du droit international sur le droit interne, la France devra apporter à la loi les modifications nécessaires pour se conformer au Pacte.
"L’Etat français n’a jamais été mis à l’épreuve sur ce sujet", rappelle Clive Baldwin, conseiller légal auprès de Human Rights Watch: "L’ONU ne regardera pas le problème à travers les yeux de la tradition européenne."
Les précédents recours, en France et en Europe, ont échoué
Sans préciser quelles actions seraient entreprises si la plainte était rejetée par le Comité, United Sikhs considère l’ONU comme un dernier recours pour consacrer le "droit au turban", les précédentes plaintes ayant toutes été déboutées par la justice française et européenne.
Dans un arrêt du 15 décembre 2006, le Conseil d'Etat a considéré que l'obligation pour les sikhs de poser tête nue pour la photo du permis de conduire n'était pas contraire aux articles 9 et 14 de la de la Convention européenne des droits de l'homme, relatifs à la liberté de pensée, de conscience et de religion, et à la discrimination.
Le 27 novembre, une autre plainte, autour du non-renouvellement par les autorités françaises d’un permis de conduire en raison du refus de son titulaire -un sikh résidant en banlieue parisienne- de poser tête nue, a été rejetée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), a été jugé non recevable.
Le plaignant "en est aujourd’hui à son quatrième renouvellement et n’a aucune intention de changer", précise son avocat Stephen Grosz par téléphone depuis Londres.
"Nous ne voulons pas dire que nous sommes persécutés", souligne pour sa part Mejindarpal Kaur. "Toutes les religions sont dans le même bateau."
Photos : Un sikh manifeste contre la loi sur la laïcité à Paris en janvier 2004 (Charles Platiau/Reuters), réunion de sikhs au Church Center des Nations unies pour protester contre la loi française sur la laïcité, à New York le 15 septembre (Alexis Buisson).
Le Père NOEL existe-t-il?
Père Noël : la grande conspiration !
Par Agnès Lenoire | Enseignante blogueuse | 16/12/2008 | 12H09
En décembre, dans les cours d’écoles élémentaires, il y a parfois des discussions entre les petits du cours préparatoire qui croient encore au Père Noël et ceux qui n’y croient plus.
Les premiers défendent bec et ongles leur rêve, rêve qu’on leur a inculqué depuis quelque trois ou quatre ans. Les seconds essaient de les mettre au parfum en leur assénant une vérité abrupte, et en l’accompagnant de tout le mépris pour leur naïveté de "petits".
Ainsi, au cœur des récréations, se jouent parfois quelques drames intérieurs, dans ces moments où les uns utilisent leur pouvoir d’initiés et les autres découvrent la trahison parentale. Drames intérieurs qui ne sont pas si anodins puisque le sociologue Gérald Bronner nous dit, dans "Vie et mort des croyances collectives" (éditions Hermann), que "l’abandon de la croyance au Père Noël provoque dans 45% des cas, […] une situation de crise".
Mais la situation de crise n’est jamais admise, l’abandon de la croyance étant présentée comme naturelle, comprenez comme une étape de maturation. Tout se passe comme si l’enfant n’avait été jusque-là qu’un sombre idiot, mais que ses 6 ou 7 ans autorisent enfin qu’on lui fasse les révélations nécessaires à son évolution, à son passage vers la rationalité.
Une imagination débridée qui sert la construction de l'identité de l'enfant
Cependant l’enfant n’a pas attendu l’adulte et son feu vert pour être rationnel. Qu’est-ce qui nous fait confondre l’imaginaire foisonnant enfantin et sa foi en nos mensonges?
Parce que l’enfant aime les histoires, qu’il aime se faire des films? Parce qu’il joue à longueur de journée et qu’il semblerait que ses jeux soient hors réalité? Pourtant tous les jeux enfantins y puisent, dans la réalité, quitte à l’enjoliver, la travestir, la transformer.
Toutes
les histoires et les contes prennent fin à un moment donné, et l’enfant
les quitte parfois volontairement pour poser des questions très
terre-à-terre, ou même faire lui-même d’innombrables expériences
scientifiques.
Toujours irrationnel, le jeune enfant? Non, juste doté d’une imagination débridée qui sert la construction de son identité. Il utilise toutes les possibilités de son cerveau, notre bambin, et il n’a pas besoin d’une histoire mensongère pour se forger un monde.
Alors pourquoi le pousser dès 2 ou 3 ans dans cette croyance, qui est une immense escroquerie parentale et sociétale? Il a tant d’autres rêves à sa disposition, de vrais rêves, auxquels il met fin lui-même. Il n’a pas besoin de cette énorme conspiration, si taboue que les rares adultes qui osent la critiquer sont montrés du doigt. Nous autres adultes, ne serions-nous pas si aigris que seul un mensonge nous semblerait capable de créer un rêve?
L'œuvre mensongère de toute une société
Il y a un mois, dans ma classe de petits, vraiment petits (vingt et un enfants sur vingt-huit sont nés entre septembre et décembre 2005), mon évocation timide du Père Noël les a laissés de marbre. Un seul enfant savait de qui il s’agissait. Un mois après, la même question provoque des cris enthousiastes. Tous croient qu’il va venir chez eux chargé de cadeaux.
L’entourage, bien relayé par les publicités, les commerces, les mises en scène, la complicité de toute une société, ont fait leur œuvre mensongère à une vitesse vertigineuse. Il faut dire que la conspiration est partout, à tous les coins de rue, tous les foyers, et toutes les écoles maternelles.
Pourtant, je peux vous assurer qu’une belle histoire de Noël, présentée comme un conte, sans prétendre à une vérité, les enchante tout autant.
Sans compter que je sais que quand ce Père Noël "tant attendu" va venir dans ma classe, enfoui sous un déguisement ridicule et inquiétant, plusieurs petits vont percevoir toute l’horreur de la situation et se mettront à hurler de terreur. Il faudra alors que je quitte la classe avec ma petite troupe apeurée… je claquerais bien la porte, tiens, si je ne me retenais pas!
Dessins de Cheyenne et d'Inès.
Le Zimbabwe, entre la peste Mugabe et le choléra
Le Zimbabwe, entre la peste Mugabe et le choléra
Par L Observateur Paalga | Journal burkinabé | 15/12/2008 | 22H38

N’en déplaise à Robert Mugabe, le libérateur de l’ex-Rodhésie du Sud, le Zimbabwe continue son décompte macabre au cœur de l’épidémie de choléra, qui s’y propage à l’allure d’une marée noire.
Pendant que le cynique Papy Bob clame haut et fort que cette malédiction, un bonus sur la disette qui frappe son pays depuis des décennies, est sous contrôle, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et Médecins sans frontières (MSF) y dénombrent les morts par centaines et des malades par milliers.
Les derniers chiffres font, en effet, état de 800 morts et de quelque 17 000 cas depuis le déclenchement de l’épidémie en novembre dernier. Le choléra, maladie des eaux usées, est à l’image même de la déliquescence économique et sociale dans laquelle est plongée le Zimbabwe depuis que la relique qui préside à ses destinées après le départ du colonisateur anglais en a fait un patrimoine familial.
L’Afrique du Sud voisine n’a pas attendu pour décréter la catastrophe régionale
Jadis grenier céréalier de la région, l’ex-Rodhésie du Sud tend aujourd’hui vainement la sébile aux bons samaritains, pendant que le marasme économique, son menu quotidien, se traduit par une hyperinflation de 231 000 000%. Alors que Papy Bob refuse de voir en face les choses, l’Afrique du Sud voisine, elle, n’a pas attendu de compter plus d’une dizaine de victimes du choléra, qui a déjà franchi ses frontières, pour décréter la catastrophe régionale.
Et comme si le cynisme de Robert Mugabe avait fait école dans son palais, son ministre de l’Information, Sikhanyiso Ndlovu, qui volait à son secours depuis les tirs croisés de la communauté internationale, s’est propulsé au sommet de la bêtise humaine, en déclarant, sans rechigner, que l’épidémie de choléra, qui frappe mortellement son pays, est "une attaque raciste et planifiée par l’ancien colonisateur, obstiné, qui a enrôlé ses alliés américains et de l’Ouest; une force de guerre biologique et clinique; une attaque génocidaire contre le peuple du Zimbabwe par les Britanniques".
C’est vrai que les accusés du jour ne se priveraient pas de sabler le champagne si l’ancien combattant de Harare venait à faire valoir ses droits à la retraite présidentielle, mais y a-t-il meilleure arme pour achever son pire ennemi que d’ignorer le mal qui le ronge? Or ce Mugabe-là, dont le parti fut battu à plate couture lors des dernières législatives et qui a fait cavalier seul à l’élection présidentielle, repu aujourd’hui du sang des opposants, quoique fût son héroïsme face au colonisateur anglais, se révèle aujourd’hui dépassé et incapable d’accomplir le miracle économique tant promis.

Robert Mugabe se tournera-t-il enfin vers l'avenir de son pays?
En attendant que la manne leur tombe du ciel, affamés et désabusés, les nouveaux agriculteurs zimbabwéens en viennent aujourd’hui à fondre les tracteurs abandonnés par le "diable blanc" pour en faire des "dabas"; c’est tout dire. Pourtant, il n’en est pas jusqu’à Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, qui n’ait pas demandé à l’increvable Bob, ce rebelle de 84 saisons, "de se tourner vers l’avenir" de son pays et d’honorer ses engagements pour un partage du pouvoir.
L’honneur? Robert Mugabe ne mange pas de ce plat-là, car, au plus fort de la crise politique, il prêta le "serment" que de son vivant nul autre Zimbabwéen n’occuperait son fauteuil. A-t-il seulement écouté la sentence de l’évêque sud-africain Joe Seoka, pour qui le maître de Harare n’est autre qu’un "Hitler du XXIe siècle"? Mais, hélas, ils s’en trouve, comme Papy Bob, qui se sont fait la religion selon laquelle leurs propres malheurs et ceux de leurs peuples sont venus d’ailleurs, et que le pouvoir a été conçu pour eux et pour eux seuls.
Pourtant, il n’y a qu’à oser un regard, même furtif, vers ceux dont nous avons hérité du pouvoir moderne, de la bonne gouvernance politique, pour comprendre et nous instruire que l’alternance démocratique ne date pas d’aujourd’hui, et n’est nullement destinée à la consommation africaine exclusive.
Hélas, disions-nous, combien sont-ils encore, nos chefs d’Etat usés, tel leur icône de Harare, se confortant derrière une révision éternelle de la Constitution, la bible républicaine, à l’effet d’égaler Bon Dieu en son royaume? Leurs Excellences Messieurs nos présidents, bien heureux vous seriez de faire vôtre cette sagesse qui veut qu’on sache quitter le pouvoir avant qu’il ne vous quitte. Nos Etats s’en porteraient mieux.
La rédaction
Photos: le 11 décembre 2008, à l'enterrement du commissaire politique Elliot Manyika, un proche du président Mugabe, des affiches accusent Gordon Brown d'être à l'origine de l'épidémie. Dans la banlieue de Harare, des habitants font la queue pour de l'eau potable, le 10 décembre 2008 (Philimon Bulawayo/Reuters).




